mardi 06 décembre 2022 / Mali

accord paix1Dans un communiqué publié la semaine passée un accord a été conclu entre l’État malien et les différents groupes armés signataires de l’accord d’Alger pour l’intégration de 26.000 ex-combattants dans l’armée et dans la fonction publique de l’Etat. Cette intégration se fera en deux phases sur une période de deux ans soit 2023- 2024.

La rencontre bilatérale entre la partie gouvernementale et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) s’est tenue le mardi 2 août 2022 à l’hôtel Radisson Collection sous la présidence du colonel Major Ismael Wague, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, issu du processus d’Alger. C’était, en présence du chef de la délégation de la CMA au CSA, Attaye Ag Mohamed.  

Lors de cette cérémonie, le général de division Ibrahim Fané, président de la commission d’intégration a assuré la modération, qui a examiné trois points inscrits à l’ordre du jour à savoir : l’intégration des ex-combattants dans les corps constitués y compris des forces de défense et de sécurité ; gestion des hauts cadres civils et militaires des mouvements et les questions des reformes politiques et institutionnelles non liées à la révision constitutionnelle.

Concernant le premier point le gouvernement de la transition accepte d’intégrer dans l’armée nationale et la fonction publique 26 000 ex-combattants issus de groupes armés signataires d’un accord pour la paix dans le nord du pays. Une proposition acceptée par la CMA, concernant l’intégration de 10 000 hommes, en y ajoutant le reliquat des 3 000 ex combattants du DDR accéléré : soit 1 256 hommes restants.

La partie gouvernementale s’engage à procéder à l’intégration des prochains 13 000 ex-combattants sur deux ans notamment 2023- 2024. Soit au total 26.000 ex combattants.

Par ailleurs, la CMA demande au gouvernement l’augmentation de 10% le nombre d’officier dans le TED bataillon et aussi elle veut des précisions sur le type de corps dans la fonction publique de l’Etat et une augmentation des catégories A et B. pour sa part le gouvernement a pris bonne note des demandes faites par la CMA.

En outre, concernant le deuxième point, notamment la gestion des hauts cadres civils et militaires. Les deux parties conviennent de la  création et de l’opérationnalisation d’une commission ad hoc  chargée notamment de formuler des propositions  pour la gestion étape par étape des hauts cadres civils et militaires des belligérants, pour leur intégration dans la chaîne de commandement. Cette commission doit être mise en place  dans le meilleur délai. Pour le contrôle de la chaine de commandement par les intégrés de la CMA, le gouvernement s’oppose catégoriquement à cette doléance. Les discussions continueront sur la question au sein de la commission Ad hoc, rassure la partie gouvernementale.

Concernant la question des reformes politiques et institutionnelles liées à la révision de la constitution, la CMA se dit être à la disposition du gouvernement en cas de besoin et s’engage à proposer dans un meilleur délai un mémorandum spécifiant les questions non liées à la révision constitutionnelle.  

A noter l’accord d’Alger a été signé en mai 2015 par le gouvernement du Mali et des groupes armés, l’accord de paix dit d’Alger prévoit un processus de cantonnement des combattants des mouvements signataires en vue de leur intégration à la fonction publique, y compris au sein de forces armées, ou de leur « désarmement, démobilisation et réinsertion » (DDR) dans la vie civile.

A.B.D

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