lundi 20 novembre 2017 / Mali

Pona CMMA la faveur d’un déjeuner de presse qu’il a offert à l’hôtel Salam, le Président de la Chambre des Mines du Mali, Abdoulaye Pona est revenu sur les difficultés majeures que connaît aujourd’hui le secteur minier malien. Il ressort du bilan de la dernière-née des institutions consulaires du Mali que les défis à relever sont énormes même si l’on doit se réjouir des résultants très encourageants engrangés par l’équipe que dirige M. Pona. Pourtant le mandat n’a pas été de tout repos. Et pour cause ? Beaucoup d’inimitiés et de convoitises….

En présence des membres de l’institution consulaire et de plusieurs invités, dont des directeurs de publication et acteurs-clés du secteur minier malien, Abdoulaye Pona, Président de la Chambre des mines du Mali (CMM) depuis 2011, a présenté le bilan de son mandat.
Le rapport dont le contenu a été présenté par le Secrétaire général de l’institution, Sékou Yoro Dicko, a été exécuté à plus 70% malgré un contexte politico-sécuritaire extrêmement difficile et qui  n’est pas de nature à favoriser l’investissement.
Créée en janvier 2004, c’est seulement en 2011 que le premier bureau de la benjamine des chambres consulaires du Mali a été mis en place avec à sa tête Abdoulaye Pona. Un bureau qui fait l’objet de convoitises et parfois de la part des politiques, aidés dans cette position par les grandes multinationales qui investissent dans le secteur minier malien, au grand dam des intérêts du peuple malien.


Bilan éloquent malgré un contexte difficile, des attentes…
Organisation servant d’interface entre l’Etat et les acteurs du secteur minier, la chambre des mines du Mali est une institution engagée et patriote voire nationaliste. Elle a à son actif le processus de diversification de ressources minières exploitées au Mali. En plus de la dizaine de mines d’or industrielles que en exploitation que compte le Mali aujourd’hui, la CMM a réussi à attirer des investisseurs, dont des nationaux, dans des secteurs comme la bauxite et le phosphate, mais aussi…le ciment et l’hydrogène.
Dans un avenir très proche, l’institution pense pouvoir attirer des investisseurs vers le diamant. Elle milite aussi pour une plus grande présence d’investisseurs nationaux et encourage à cet effet les Maliens à suivre l’exemple de Wassoul’or.  
Appui aux orpailleurs et exploitants de sable et de carrière…
A son actif, la Chambre des Mines du Mali (CMM) a élaboré un manuel de procédures administratives, financières et comptables, validé par le Conseil consulaire du 10 janvier 2013. Elle a effectué des tournées l’ayant conduite  dans des compagnies et des mines de Foroko, Kobada et des missions de sensibilisation sur les mines de Fourou, Kolondiéba, Misséni, etc.  
La Chambre des Mines du Mali a appuyé la création de 175 sociétés coopératives d’orpailleurs, d’exploitants de sable et gravier et de carrière. Elle a aidé également à leur organisation.
L’équipe que dirige Abdoulaye Pona se bat pour que les exploitants de sable puissent obtenir un titre foncier d’une durée de 50 ans, dans la zone de Kéniéroba, pour circonscrire les conflits fonciers avec les élus locaux.
« L’orpaillage est une filière importante. », reconnaît M. Pona. Il recommande à l’Etat la création de « 90 couloirs pour les trois régions aurifères (principales) du Mali que sont Kayes, Koulikoro et Sikasso. Soit 30 couloirs par région. L’Etat y gagnera trois fois.» Puisque l’essentiel des permis d’exploitation de ces zones appartient à des nationaux, ces derniers gagneront, les orpailleurs seront Maliens et les taxes perçus resteront au Mali et l’Etat contrôlera la quantité d’or ainsi extraite et ne plus se fier aux seuls chiffres fournis par les compagnies aurifères détenues par des étrangers. « Le Mali, qui n’a même pas un gramme d’or en stock pourra commencer ainsi à en constituer. »
En dépit de son bilan particulièrement élogieux, la Chambre des mines du Mali n’entend pas s’arrêter là.
La CMM qui devrait avoir la possibilité d’émettre des certificats d’origine n’y est toujours pas habilitée. Elle connaît aussi des difficultés liées à la mobilisation des ressources en plus du fait que l’Etat, qui devrait la soutenir par des subventions, n’y intervient toujours pas.
La raffinerie Kankou Moussa et l’Ecole Africaine des Mines pour bientôt…
Dans les perspectives, la chambre des mines a plus d’un projet dans son tiroir. Elle souhaite organiser prochainement un forum national sur l’orpaillage mais aussi un salon international des mines de Bamako (SIMBA).
Mais parmi les projets qui lui tiennent à cœur, Abdoulaye Pona souhaite le démarrage effectif des travaux de construction de l’Ecole africaine des Mines et surtout le démarrage des activités de la raffinerie Kankou Moussa de Bamako, inaugurée pourtant par le Président de l’Assemblée nationale et située dans la zone aéroportuaire.
Abdoulaye Pona pense qu’il est inadmissible que l’or du Mali soit toujours raffiné en Afrique du Sud alors que nous disposons d’une unité capable de faire le travail. Regrettant au passage les enjeux politiques qui entourent le projet, sorti de son escarcelle depuis 1998 et dont les premières pierres ont été posées par le Président de la Transition, Dioncounda Traoré, en 2012. Il y a  trop « d’embûches. Des éléments empêchent la certification internationale de la raffinerie. », se désole M. Pona. Or, le démarrage des activités de raffinage au Mali aura pour avantages entre autres de créer des emplois, de contrôler la quantité d’or produite exactement par le Mali, mais aussi d’avoir la mainmise sur les résidus de l’or comme le nickel, l’argent, le platine et d’avoir un laboratoire d’analyse des métaux précieux et semi-précieux. Des espaces sont également réservés pour garder le stock national du Mali et pour le raffinage du diamant que le Mali compte exploiter bientôt. « Le sous-sol malien renferme du diamant. 60 à 70% des vendeurs de diamant du monde sont  des Maliens. Ce sera une aubaine pour eux que de dépenser ailleurs, à Anvers notamment, pour des analyses… », explique M. Pona, très à l’aise dans les débats.
La chambre des mines du Mali veut aussi, conformément au souhait de la Banque Mondiale, que se développent « les achats locaux dans les industries minières du Mali.» Il s’agit en d’autres termes de produits comme les explosifs, les produits chimiques utilisés dans l’extraction minière mais qui sont jusqu’ici importés.
Le code minier malien de 2012 renferme des insuffisances. Sa relecture est en cours et, la Chambre des mines pense qu’il favorisera l’investissement local et le processus de diversification minière qu’elle a enclenché.
Rappelons qu’en 2015, l’or seulement a représenté plus de 70% des exportations du Mali et 30% des recettes fiscales. L’or produit au Mali dans la même période a représenté 70 tonnes pour une valeur de 1360 milliards de nos francs ; avoisinant le budget d’Etat.
ABD et ASG

Source: L'Enqueteur

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