dimanche 19 novembre 2017 / Mali

affrontementLes affrontements entre des groupes de jeunes à Lafiabougou à la lisière d’Hamdallaye en commune IV du district de Bamako ont fait, la semaine dernière, deux morts.

Mais, on est où là ? Des groupes de jeunes armés de gourdins et de machettes s’affrontent publiquement. C’est cette scène barbare inimaginable dans notre société, il y a quelques années, qui s’est déroulée la semaine dernière, à Lafiabougou à la lisière d’Hamdallaye en commune IV du district de Bamako. Ces affrontements ont fait deux morts.

La première victime, un jeune du nom de Lassina Traoré, a été poignardée au cours d’une cérémonie de ‘’Balanishow’’, non loin du Lycée Prosper Kamara. Il a succombé presqu’à la seconde où il a reçu le coup de poignard. La seconde victime de cette semaine dramatique n’est pas morte au cours d’un ‘’Balanishow’’. Moussa Condé, un élève de la 11ème année au Lycée Mamadou Sarr, était assis tranquillement dans une salle de jeu quand lui et ses camarades furent attaqués par le  groupe ‘’Biafra’’, venu d’un secteur d’Hamdallaye appelé « Baninsirala », une déformation du nom Israël. Le jeune Moussa reçoit un coup de machette en plein visage. Transporté d’urgence à l’hôpital, il est plongé dans un coma avant de quitter définitivement ce monde. Son enterrement a eu lieu, le samedi 1er octobre à 10 heures, au cours d’une cérémonie pleine d’émotion. Approché par  nos soins, la dynamique commissaire en charge du 5ème arrondissement de Police, Mme Fanta Koné, dont les éléments ont fait preuve d’une grande efficacité en arrêtant plusieurs  membres de ces groupes rivaux, n’a pas voulu se prononcer sur l’affaire sans l’autorisation de son supérieur hiérarchique en l’occurrence le Directeur régional de la police du district.

Selon des sources crédibles, le lendemain de ces drames, le groupe qui a perdu l’un des siens, avait tenté de se venger mais les policiers du commissariat du 5ème arrondissement se sont interposés. De nombreux jeunes garçons arrêtés ont mis sous mandat de dépôt et séjournent actuellement à la maison centrale d’arrêt pour les majeurs et à Bollé pour les mineurs.

A l’origine de ces affrontements, on évoque des histoires de filles et de téléphones. Il nous revient, de sources locales, qu’une série de décisions a été prise après ce drame par les autorités communales, religieuses et sécuritaires de la commune IV.  Les cérémonies de ‘’Balanishow’’ seront interdites dans le secteur. Des sanctions sont prévues à l’encontre des chefs de familles qui autoriseraient ces ‘’balanishow’’ devant leur porte, allant jusqu’au boycott pur et simple de toutes cérémonies les concernant (mariage, décès, baptême) par les dignitaires religieuses. Les rassemblements de jeunes dits ‘’grins’’ sont interdits au-delà de 23 heures dans les rues. Un numéro vert a été communiqué à la population pour informer immédiatement les forces de l’ordre de tout manquement à ces dispositions.

Il ne s’agit pas de prendre des mesures mais de les appliquer. Ces drames constituent la rançon de l’irresponsabilité collective des parents et la forfaiture des autorités dans l’éducation des enfants qui sont devenus des bêtes sauvages faisant régner le terreur et la violence dans la société au mépris de nos valeurs culturelles et sociétales.

Chiaka Doumbia

LES ECHOS

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