dimanche 19 novembre 2017 / Mali

orAprès avoir perdu sa première place de producteur de coton au profit du Burkina Faso voisin, le Mali perd aussi sa troisième place de producteur africain de métal jaune au détriment du Soudan d’Oumar El Béchir. C’est le site de l’agence panafricaine spécialisée dans les informations économiques et financières (agenceecofin.com) qui fait la révélation. Les acteurs maliens du secteur minier sont choqués et pointent un doigt accusateur sur les compagnies minières et l’Etat pour sa complicité.

Le Mali n’est plus troisième producteur africain d’or, selon les chiffres officiels publiés dans le dernier rapport de la Banque Mondiale sur les perspectives du marché des matières premières. Selon ce rapport, résumé par nos confrères de l’Agence Ecofin, le Soudan surclasse même le Mali avec près de 30 tonnes de différence. Selon les mêmes données, le Mali a, en réalité, perdu sa place de 3è producteur continental depuis 2012.

Tandis que la production annuelle du Mali stagne à 53 tonnes, celle du Soudan a connu un bond spectaculaire avec 82 tonnes. Avec un tel écart, des questions se posent dans le milieu des spécialistes du secteur, notamment à la Chambre des Mines du Mali, partisane d’une nationalisation des extractions pour plus de transparence quant à la quantité réelle d’or extrait du sous-sol malien.

En 2015, le Soudan a produit 81 tonnes d’or déjà et a atteint le record de 82 tonnes en 2016 dont 85% des productions proviennent des exploitations artisanales. Exploitations artisanales dont le secteur est par contre très mal organisé au Mali. Il y a quelques mois, à la faveur d’une rencontre sur le potentiel minier du Mali, Abdoulaye Pona, président de la chambre des mines du Mali, a fustigé la mauvaise organisation du secteur et le fait que l’or malien traverse impunément et irrégulièrement les frontières nationales pour gonfler les statistiques des pays voisins.

L’organisation consulaire, qui fait la promotion de l’expertise locale, conteste les chiffres fournis par les sociétés d’exploitations étrangères implantées au Mali dont elle estime que celles-ci évoluent en toute opacité sur le terrain, avec des complicités internes. « Quand on était à une ou deux mines, nous produisions 50 tonnes. Avec près 10 mines actuellement, nous sommes toujours à 50 tonnes. Quelqu’un ment. Il faudra vite rendre fonctionnelle la raffinerie d’or Kankou Moussa de Sénou pour tirer tout cela au clair, surtout que l’Etat malien ne dispose pas de chiffres fiables quant aux productions annuelles nationales dont les chiffres sont fournis par les sociétés elles-mêmes. »

Boniface Dembélé

Source; L'Enqueteur

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