mercredi 14 novembre 2018 / Mali

Des hommes armés ont enlevé les élèves, le principal, un enseignant et un chauffeur d'une école au Nord-Ouest anglophone.
Quatre-vingt deux personnes ont été enlevées ce lundi par des hommes armés non identifiés dans l'école presbystérienne de Bamenda (Presbyterian Secondary School), la capitale régionale du Nord-Ouest du Cameroun.

Parmi eux, 79 élèves, ainsi que le principal de l'école, un enseignant et un chauffeur, affirme une source de gouvernementale à l'AFP.

"Les recherches pour retrouver les otages ont été lancées, la mobilisation est totale", a ajouté la source de l'AFP, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion de crise. "L'établissement est quadrillé par les forces de sécurité. Nous n'y avons pas accès", a précisé une autre source.

Sur fonds de conflit armé
Il s'agit du kidnapping le plus important de la zone depuis le début du conflit avec des séparatistes armés, fin 2017. En effet, dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays, la crise socio-politique sans précédent qui s'est installée fin 2016 s'est transformée en une contestation violente entre ceux qui réclament l'indépendance de ces zones et l'armée.

L'enlèvement s'est déroulé à la veille de la prestation de serment du président élu Paul Biya, 85 ans,qui a été réélu pour un septième mandat avec 71,28% des votes. Dans les deux régions anglophones, le taux de participation à la présidentielle a été très faible, avec 5% dans le Nord-Ouest et 15% dans le Sud-Ouest, mais Paul Biya y a obtenu dans chacune plus de deux tiers des suffrages exprimés.

Plusieurs attaques depuis la rentrée
Des affrontements se produisent ainsi quasiment tous les jours dans la forêt équatoriale depuis plusieurs mois. Les séparatistes ont également décrété un boycott des établissements scolaires, estimant que le système scolaire francophone marginalise les étudiants anglophones. Mi-octobre, six élèves avaient déjà été enlevés dans l'attaque d'un lycée à Bamenda, selon des sources concordantes. Une information que les autorités avaient démenti. Le jour de la rentrée scolaire début septembre, un directeur d'école avait été assassiné, un professeur mutilé et plusieurs lycées attaqués.
Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont perdu la vie dans ce conflit, ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG. Dans la zone, plus de 300 000 personnes ont ainsi fui les violences, pour la grande majorité en brousse et dans les grandes villes des régions voisines, et pour certaines au Nigeria voisin.

L'EXPRESSE

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