jeudi 13 décembre 2018 / Mali

En dénonçant une justice politisée aux États-Unis, le président Donald Trump s'est livré mercredi à une incroyable passe d'armes avec le chef de la Cour suprême, le juge Roberts. Ce dernier a tenu à lui rappeler l'impartialité des magistrats.

C'est une querelle extraordinaire, sur la place publique, que se sont livré mercredi 21 novembre le président américain et le chef de l'institution la plus puissante du pays. Donald Trump a dénoncé l'existence d'une justice politisée aux États-Unis, engageant une polémique avec le président de la Cour suprême, le juge conservateur John Roberts.

Le juge Roberts, face à qui Donald Trump avait prêté serment le jour de son investiture à la Maison Blanche, s'était auparavant permis de recadrer le président américain en affirmant l'impartialité des magistrats. "Je suis désolé, M. le président John Roberts, mais il existe effectivement des 'juges pro-Obama'", a tweeté Donald Trump, accusant ces magistrats de prendre des décisions "choquantes" entravant sa politique de fermeté anti-immigration.

Le président Trump a notamment accusé la 9e juridiction fédérale des cours d'appel américaines, qui inclut la Californie, d'avoir pris des décisions "dangereuses et peu judicieuses". Un juge californien a suspendu lundi un décret présidentiel instaurant un rejet automatique des demandes d'asile déposées par des migrants ayant traversé illégalement la frontière.

"Juges dévoués"

"C'est une honte", a réagi mardi Donald Trump, dont la politique migratoire a souvent été contestée avec succès devant les tribunaux ces deux dernières années. "C'est un juge pro-Obama et cela n'arrivera plus", a-t-il ajouté, dénonçant un tribunal penchant selon lui du côté de ses opposants politiques.

"Nous n'avons pas de juges pro-Obama, ou Trump, ou Bush, ou Clinton", lui a répondu John Roberts, dans un communiqué à l'agence Associated Press. "Nous avons un ensemble extraordinaire de juges dévoués qui font de leur mieux pour juger équitablement ceux qui comparaissent devant eux", a expliqué le président de la Cour suprême, l'instance au sommet de la pyramide judiciaire américaine. "Nous devrions tous être reconnaissants de pouvoir bénéficier d'une justice indépendante", a ajouté le "Chief Justice".

Une querelle publique opposant le chef de l'exécutif et le plus haut magistrat du système judiciaire fédéral américain est un événement extrêmement rare aux États-Unis, d'autant plus à la veille de la fête de Thanksgiving, censée être un moment d'apaisement et de consensus national.

Avec AFP

enqueteur 139