lundi 20 novembre 2017 / Mali

NguessouCOULISSES DU SOMMET AFRIQUE FRANCE DES CHEFS D’ETATS AFRICAINS SE CONFIENT AU JOURNAL L’ENQUETEUR. Interviews

Quel souvenir vous garderez de François Hollande ?
Je crois que c’est l’un des chefs d’Etat français qui a établi un contact régulier avec l’Afrique et on doit le noter, s’agissant des problèmes comme ce que nous avons rencontré ici au Mali et en République centrafricaine. Il a eu, sur ces questions, des réactions promptes avec des résultats que l’on a connus.
François Hollande est obligé de quitter le pouvoir après seulement cinq et vous, vous dirigez votre pays depuis plus de vingt ans. Comment faites-vous pour tenir aussi longtemps ?
(Long silence) Ça… ? ça en tout cas je ne sais pas ! Je pense que c’est la vie, et les situations ne sont pas les mêmes en France et au Congo. Je ne sais pas comment on peut les comparer. Le président Hollande, ce n’est pas le Président Sassou Nguesso. Nous sommes deux personnes différentes. Donc tout est différent.  
Est-ce que vous êtes confiant à l’issue du mandat de François Hollande sur la suite du partenariat Afrique-France ?
Le partenariat Afrique-France n’est pas nouveau. La France a toujours coopéré avec l’Afrique, sous des formes diverses, l’histoire, la culture et l’économie, tous ces facteurs lient la France à l’Afrique. Je pense qu’on travaille au renforcement de ce partenariat qui est plutôt une bonne chose. Je pense que on s’accorde de plus en plus pour que le partenariat avec la France, comme avec d’autres pays, soit un partenariat gagnant-gagnant, un partenariat qui soit aussi dans le respect des réalités des autres peuples, disons du respect mutuel, qui a été dit au cours des débats. Je pense qu’on vient de prendre part à un bon sommet. Attendons de voir la mise en œuvre des recommandations.
Démocratie, paix, émergence, à quel niveau François Hollande a marqué le plus les esprits ?
Je crois que sur les questions de paix et sécurité, des actes précis ont été posés, ici au Mali, l’intervention de la France au Mali a été décisive avec la participation de l’armée malienne, du peuple malien et la participation des armées africaines. Je me souviens du moment où modestement le Congo avait envoyé ses avions de transport à N’Djamena pour le transport des troupes tchadiennes vers le Mali.
Sur le plan de la démocratie, comme la démocratie, elle ne s’exporte pas, les peuples quels qu’ils soient, avancent vers la démocratie, chaque peuple à son rythme, voyez-vous ? On ne pouvait pas croire qu’aux Etats-Unis d’Amérique qu’il pouvait y avoir des manifestations de rues à la suite d’une élection démocratique. Donc, ne nous faisons pas d’illusions sur toutes ces questions-là. Je pense que les peuples iront à la démocratie. Chaque peuple à son rythme et selon ses réalités.

ABD


FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : « Nous remercions très sincèrement le président Hollande pour ses actions en faveurs du peuple centrafricain et du peuple africain. »Faustin

Qu’est-ce que vous vous retenez de ce sommet de Bamako, surtout avec le départ de Hollande ?
C’est un moment très important de la relation Afrique-France. Comme vous le savez, le président François Hollande est un ami de l’Afrique, et plus particulièrement de la République centrafricaine. Au pire moment de la crise que nous avons connue fin 2012 – 2013, il a fallu que le président Hollande puisse parler pour que les Nations-Unies et tous les autres pays puissent venir au chevet de la République centrafricaine pour arrêter les violences. Donc un moment très important pour témoigner notre reconnaissance pour ce qui a été fait avec l’opération Sangaris, qui a permis de sauver des vies humaines et de protéger aussi les populations, d’arrêter les violences.
Aujourd’hui, le pays tente de sortir de cette situation, grâce à l’engagement de la communauté internationale dont la France, les Etats-Unis, l’Union Européenne et bien d’autres. Grâce à leurs efforts, notre pays a connu des élections apaisées. Grâce à ces pays, nous avons été à la conférence des bailleurs de fonds de Bruxelles, où il y a eu des annonces pour financer les programmes de relèvement. Je pense que tout ça c’est très important. Nous remercions très sincèrement le président Hollande pour ses actions en faveurs du peuple centrafricain et du peuple africain.


A l’issue de ce sommet de Bamako, pourriez-vous dire qu’il en est fini de la Françafrique à l’ancienne ?
Comme vous le savez, c’est une relation toujours de progrès. Nous avançons dans nos relations avec la France, qui est un partenaire historique avec lequel nous avons beaucoup de liens. Donc, de plus en plus, chaque personnalité imprime sa marque dans ses relations entre la France et l’Afrique. Particulièrement, le président Hollande a marqué, lui aussi, son passage à travers des actions posées en faveur des peuples africains.
Il y a eu du développement dans le cadre de la coopération avec l’Afrique, c’est une coopération gagnant-gagnant, en tenant compte aussi des intérêts de développement, de l’économie, de l’indépendance des pays africains et des questions de souveraineté.

ABD

DANIEL KABLAN DUNCAN, VICE-PRESIDENT DE LA COTE D’IVOIRE : « Je garde une impression de coopération étroite entre la France et l’Afrique »


C’est un sommet bien organisé avec nos amis maliens, en liaison avec la partie française. Nous sommes parvenus donc à d’excellentes conclusions sur les dossiers à l’ordre du jour, concernant le partenariat, le problème de l’émergence et les problèmes liés à la paix et à la sécurité. C’est maintenant qu’il faut l’appliquer sur le terrain, de manière à ce que nous puissions aller de l’avant et décoller. Je garde   une impression de coopération étroite entre la France et l’Afrique, pas seulement au niveau de la paix et de la sécurité, mais surtout dans le domaine économique qui doit prendre de plus en plus beaucoup d’ampleur.
Pour la mise en œuvre pratique, je pense qu’il faut qu’il y ait un suivi pour s’assurer que les décisions prises sont applicables avec les réalités concrètes sur le terrain. Je pense que ce qui est préconisé, notamment l’amélioration de la gouvernance à la fois politique mais aussi économique, l’Afrique a des chances avec ses matières premières, d’avoir un développement plus accéléré qu’en Asie. C’est possible donc de le faire avec des pays qui ont des croissances très importantes, comme la Côte d’Ivoire. Je pense que nous préconisons aussi l’intégration économique sur notre continent.

ABD


ALPHA CONDE, PRESIDENT DE LA GUINEE :

« Ce sommet de Bamako était très important… »

Ce sommet de Bamako était très important tout d’abord pendant deux jours, tous les grands chefs d’Etat étaient là. Ça s’est très bien passé, ce qui donne une très bonne image du Mali. Nous félicitons IBK et le peuple malien pour l’organisation et la réussite de ce sommet. J’espère maintenant que toutes les directions prises vont passer à l’action concrètement. Pour l’énergie renouvelable la France a promis trois milliards d’euros sur un montant de dix milliards. J’espère que les autres vont apporter leur appui au Mali pour que réellement, il y ait la paix et pour que le gouvernement ait le contrôle sur l’ensemble du territoire malien, pour que l’unité du Mali soit une réalité.
Propos recueillis par Aliou Badara Diarra

Source L'Enqueteur

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