lundi 24 septembre 2018 / Mali

Baba Berthé PDG CMDTNotre pays est le 2è producteur de coton africain avec plus de 600000 tonnes de par an. Seuls 2% de cette production est transformée sur place. Le reste est destiné à l’exportation. En marge de la visite du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita à Sikasso, il y a deux semaines, nous avons fait réagir le PDG de la CMDT, Pr Baba Berthé sur la question et sur la CMDT en général. Le patron de la CMDT nous dit tout. Lisez plutôt …

Comment la CMDT se porte-elle ?

La CMDT, c’est des hauts et des bas. Elle est assez tributaire des cours du coton sur le marché mondial. La CMDT se portait bien quand les prix sont intéressants depuis deux ou trois ans. Ça fait que des prix font des yo-yo ! Mais, ils ne sont pas catastrophiques et avec une gestion saine, nous n’avons pas eu de problèmes majeurs. Simplement aujourd’hui, nous avons quelques défis à relever au niveau de la CMDT. C’est que notre rendement à l’hectare reste très faible, de la même façon, notre potentiel industriel a vieilli et ce potentiel industriel ayant vieilli, il faut penser à le rénover. Il faut penser à le renforcer, parce que les dix-sept usines que nous avons nous laissent dans une posture où nous avons un potentiel d’égrenage qui ne dépasse pas les cinquante ou soixante-quinze mille tonnes. Lorsque l’an dernier nous sommes parvenus à faire six-cent quarante-sept mille tonnes (647000T), c’était vraiment une tâche dure. Nous sommes parvenus à égrener la totalité du coton avant le 1eravril.

Cela veut dire que le personnel est très engagé et compétent et il a donné tout ce qu’il pouvait pour terminer l’égrenage avant les premières pluies. Et c’est le lieu pour moi de remercier l’ensemble du personnel de la CMDT depuis le planton, les sociétés de gardiennage de la CMDT (qui ne sont pas du personnel mais des partenaires) jusqu’aux directeurs centraux en passant par les AG, les chefs de sections, les chefs services, les chefs secteurs, les chefs ZPA. Tous ceux qui sont dans l’administration comme structure d’appui. J’adresse mes remerciements à ce personnel qui m’a donné l’impression que nous sommes entrain de construire une équipe. Et quand il ya une équipe, elle joue collectif. C’est de ce collectif que moi j’ai besoin. Je ne suis pas dans la posture du héros. Je ne crois pas du tout que l’on puisse venir en héros et tout faire seul. Ce n’est pas possible. Donc, ma personne n’est rien devant l’ampleur de la tâche. C’est pour ça que mon rôle de mobiliser l’ensemble des travailleurs pour tout ce que nous voulons faire, nous le faisons ensemble (sic).  

Que peut-on retenir de la campagne écoulée, Monsieur le PDG ?

Je suis optimiste. Je préfère ne pas donner de chiffres en ce moment. Parce que nous sommes toujours aux évaluations. On a les résultats de nos évaluations, les estimations sont toujours affinées. Il ya une marge d’erreur qui est là. C’est pourquoi je ne veux pas donner un chiffre et après dire que l’on s’était trompé. Quelqu’un d’autre peut s’amuser à le faire, mais en tant que premier responsable de la CMDT, il faut que je reste humble. Mais, les pluies ont été quand pour un premier départ une difficulté et à la fin aussi nous avons eu quelques difficultés. Malgré tout ce que nous avons pris comme mesure, j’espère que nous aurons un résultat et ce résultat, il sera porté à votre connaissance.

Quelle explication avez-vous sur le fait que le coton malien n’est pas transformé sur place ? Où en êtes-vous pour le volet industrialisation ?

Ce n’est pas seulement au niveau de la CMDT... C’est l’ensemble des sociétés cotonnières. Ça fait mal de constater que nous produisons du coton en Afrique que nous ne transformons pas. Lorsque vous avez une situation du genre, c’est que nous sommes obligés de transporter le coton après égrenage. Tout comme aujourd’hui nous exportons notre cheptel sur pieds. Je pense que les producteurs ne gagnent pas grand-chose. Honnêtement, j’ai été à des colloques sur le coton. Alors que nous sommes venus avec nos collègues par avion en classe économique, il ya certains traders qui sont venus par jets privés. Ils ne les ont pas eus ailleurs, ils les ont eusgrâce au coton. Ça veut dire qu’il ya un profit que nous, pays producteurs, nous ne parvenons pas à tirer du coton parce que nous ne transformons pas. Prenez un tissu comme le « bazin », vous avez un complet. Ça fait à peine un kilo. Ce n’est pas le même coton. Il est fait à base du coton à longue fibre. Si vous vous retrouvez avec un coupon trois mètres de bazin qui fait à peine un kilo alors que ce kilo, vous l’avez vendu à mille francs et vous rachetez après à vingt mille francs… Vous voyez l’écart ? Donc, c’est pour ça que je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut progressivement s’orienter vers la transformation du coton. Il n’ya pas mille façons de rentabiliser la culture du coton que de transformer la production sur place. Sinon, aujourd’hui nous sommes à la merci des caprices du marché international. Quand les prix montent on vend, quand les prix baissent aussi, alors que nous sommes coincés, nous n’avons pas le choix. Nous n’allons pas stocker le coton pendant cinq six ans. Nous sommes obligés de vendre. Alors c’est ça la difficulté. C’est ça le défi pour moi qu’il faut relever collectivement dans les années à venir. Ce n’est pas une tâche qui revient à la CMDT seulement. Je pense qu’avec l’accompagnement du gouvernement, nous allons affiner la réflexion pour aller vers la transformation.

Qu’en est-il alors de l’usine FITNA-Sa?

Ça c’est un autre problème. Je préfère ne pas le commenter parce qu’il ya des implications que je ne maitrise pas trop. Je préfère ne pas en parler.

A.B.D

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