lundi 25 septembre 2017 / Mali

Dramane DembéléMaître Mohamed Bathily est un « populiste », selon les termes mêmes de Dramane Dembélé, son prédécesseur au poste de l’Urbanisme et de l’Habitat, contre qui, l’avocat le plus bavard du Mali, promet, comme l’a révélé l’hebdomadaire « L’Enquêteur », dans sa parution de la semaine dernière, « d’engager des procédures judiciaires ». Dans une laconique sortie sur sa page Facebook, hier, Dramane Dembélé n’a pas fait dans la dentelle. Il défie son successeur de rendre publique toute preuve l’incriminant dans ce qu’il est convenu d’appeler désormais l’Affaire de l’Ecole des Logements sociaux de N’Tabakoro.

L’acharnement du ministre Bathily contre Dramane Dembélé, son cadet mais prédécesseur au poste de ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, vire à la paranoïa. Cet état qui obstrue le jugement et empêche d’être objectif.  La première action entreprise par Me Bathily pour clouer au pilori son prédécesseur, c’est de fouiner dans les comptes de l’Office malien de l’Habitat (OMH) de la période où Dramane Dembélé était ministre de tutelle. A cet effet, Me Bathily a instruit le Bureau du Vérificateur Général, dirigé par l’ancien Procureur, Amadou Touré, d’y effectuer une mission aux fins de « Vérification financière de la réalisation et la gestion des programmes de logements sociaux, exercices 2015, 2016 et 1er Trimestre 2017 ».
Ce que Dramane Dembélé lui-même qualifie d’aversion et que le ministre Bathily voue pour sa personne frise l’acharnement voire la paranoïa. A l’occasion d’une visite des chantiers des logements sociaux de N’tabakoro, Mohamed Ali Bathily s’est rendu sur le site d’une école dont on soupçonne l’ancien DG de la DNGM d’en être le promoteur. Là, par une question qui n’en est pas une, Mohamed Ali Bathily demande aux agents techniques de son département, chargés de la supervision des chantiers, de confirmer que la construction appartient bel et bien à Dramane Dembélé. L’instance et la technique usées pour leur arracher le nom du candidat de l’Adema à la présidentielle de 2013, son coupable tout désigné, sont perçues comme des « propos diffamatoires » visant à détruire l’image de l’homme qui est animé de grandes ambitions politiques.  


Autres raisons de croire que le ministre Bathily en veut à mort à Dramane Dembélé, c’est le fait que ce dernier a continué à accorder des marchés de réalisation des logements sociaux à travers l’OMH quand il était encore aux affaires, dans le cadre du partenariat public privé, à la société Banga Immobilière, qui appartient à l’honorable Hadi Nyangado. Or, pour Me Bathily, l’honorable Nyangado n’était plus éligible sur la liste des bénéficiaires des marchés des logements sociaux.
Si pour Me Bathily, le député de la Commune II ne mérite pas les marchés de l’Etat pour être, à ses dires, « dans la prédation foncière », Dramane Dembélé, lui, estime que l’Etat ne peut, dans le cadre de la réalisation du programme gouvernemental de réalisation des 50 000 logements sociaux, se passer d’un investisseur aussi important que Hady Nyangado. D’autant plus d’ailleurs que le partenariat public privé a pour fondement le préfinancement.


Bathily n’aurait pas non plus pardonné à son ancien homologue de n’avoir pas accepté de l’accompagner quand il avait été interpellé sur la gestion foncière à l’Assemblée Nationale. Me Bathily y aurait passé un sale quart d’heure avec les parlementaires qui l’ont méchamment sabré.
Depuis, chaque action entreprise par l’Etat dans le cadre de la réalisation des logements sociaux et pilotée par Dramane Dembélé est sabotée par le ministre Bathily, au travers de son mouvement politico-associatif qui mène des campagnes à l’encontre des programmes d’urbanisation de l’Etat représentés par les logements sociaux.   
Un incident entre le chef de village de Kambila et le département de l’Habitat et de l’Urbanisme lors de la pose de la première pierre des 1000 logements pour soldats maliens a fini par révéler au grand jour l’ampleur de cette inimitié entre les deux hommes. C’était l’intervention du Dr Adama Bagayoko, PDG de la Sopromac, chargée de la réalisation du site qui a permis de désamorcer la bombe.
La dernière sortie médiatique de l’ancien ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme est vécue dans le camp de Me Bathily comme une déclaration de guerre. Depuis, les deux tendances se rendent coup pour coup par médias interposés et il faut s’attendre à des actions d’éclat de part et d’autre et, qui pourraient certainement éclabousser au plus haut sommet. Affaire à suivre.
HKD
Actumali.com

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