mercredi 15 août 2018 / Mali

Le jeune chroniqueur et activiste politique Rash Bath né Youssouf Bathily commence à récolter durement les conséquences de son ralliement avec militants et sympathisants dans le camp du Chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé pour avoir appelé ses partisans à soutenir la candidature de l’Honorable Soumaïla Cissé, candidat à l’élection présidentielle 2018 contre le Président sortant, Ibrahim Boubacar Kéïta, candidat à sa propre succession. De cause à effet, c’est la logique de la déstabilisation du Collectif pour la Défense de la République (CDR), «ce mal qu’il fallait étouffer le mal dans l’œuf », nous dit un fin analyste de la scène politique malienne. Chronique de rudes épreuves de la bonne guerre en gestation !

Le mercredi 5 juillet dernier, dans la perspective du scrutin présidentiel du 29 juillet prochain, un coup de tonnerre s’est abattu sur l’opinion publique favorable au Jeune chroniqueur Bathily fils alias Rash Bath. Cet activiste dont l’association s’est engagée à soutenir la candidature de l’Honorable Soumaïla Cissé, candidat de l’URD à la présidentielle en vue. Un choix décisif qui commence non seulement à ternir l’image de Rasta lui-même aux yeux de ses détracteurs, mais aussi tend à lézarder les murs de son association, le CDR. Comme il était prévisible, une fronde de mécontents à la solde du pouvoir en place vient de mettre sur les fonts baptismaux un mouvement parallèle avec un réseau de lieutenants qui se désolidarisent du tribun activiste qu’on commence à accuser d’être déviationniste par rapport aux idéaux cardinaux du CDR. Le premier chef d’accusations contre Rash Bath est qu’il serait à l’affut déguisé du gain de l’argent facile. D’où, le CDR traverse commence à enregistrer des départs massifs au sein de ses membres qui se désolidarisent du vibrant Rasta et pour créer le Collectif pour la Défense de la République du Mali (CDRM).

Composée d’une frange importante du CDR, ce groupe de frondeurs désavouent leur Guide et lance un CDR bis. Ouvertement, ils annoncent leur soutien au Président IBK qu’ils trouvent meilleur dirigeant. Ce, après l’avoir trainé dans la boue plus d’une année. L’effet des gros moyens de l’Etat n’est-il pas passé par là aussi ?

En attendant, force est de se demander si l’élan de Rasta tiendra désormais jusqu’au bout ou non? Car, au Mali, la scène politique malienne reste toujours de ce qu’elle est. Selon certains frustrés le soutien à la candidature de Soumaïla Cissé est lié à des intérêts personnels. D’ailleurs, nous avions évoqué dans notre parution du 1er juin dernier, le deal qui se préparait entre Ras Bath et Soumaïla Cissé. Et le temps nous a donné raison : L’URD et le CDR se sont finalement ’’ mariés ‘’dans la perspective de la présidentielle à venir. En effet, les premiers soupçons remontent au soutien à l’URD lors de l’investiture de Soumaïla Cissé, le 12 mai dernier, au Stade du 26 Mars. Accompagné de ses militants et sympathisants, ce jour là, Rash Bath a fait preuve de ses capacités de mobilisation. Ce qui amena certains observateurs avertis à estimer qu’il roulait pour l’Honorable Cissé. Mais, le lendemain, il fourni d’efforts pour la réussite de la cérémonie d’investiture de Modibo Sidibé, lors de son investiture, au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bah. Avec la société civile, les partis politiques de l’opposition, le CDR de Ras bath est à toutes les manifestations hostiles au Pouvoir en place. De la protestation contre le projet de révision de la constitutionnelle avec la coalition An tè a bana à la marche de l’opposition pour des élections transparentes et apaisées, etc., Rash Bath et son association étaient à tous les rendez-vous contre le Régime d’IBK.

Mais, c’est à cause de son ralliement à Soumaïla Cissé que le pouvoir veut sortir les muscles en utilisant tous les moyens de l’Etat pour lui neutraliser finalement. Pour cause, le CDR a été délogé de ses locaux du Carrefour des Jeunes de Bamako et on avance partout que cette association ne fait pas non plus partie de la société civile, puisque c’est un mouvement politique. Désormais, on estime que le CDR n’est plus un mouvement de veille de consciences collectives, il ne se pose plus en défenseur de l’intérêt général mais d’un mouvement dont le leader ne roule que pour un parti politique. Donc, à traiter comme tel.

A. N’djim

Source: Le Point

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