mardi 06 décembre 2022 / Mali

Ce mercredi 5 octobre, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile. Une décision attendue depuis le début de la transition, mais accélérée par les récents mouvements d’humeur au sein des deux corps.

« Grille unifiée, risque unifié ». Tel semble être la réponse du président de la transition, le colonel Assimi Goïta, aux syndicats de la police. Le 13 septembre dernier, les syndicats de la police nationale se sont donnés rendez-vous au Groupement Mobile de Sécurité (GMS) pour une assemblée générale. Les policiers ont exigé l’application, en ce qui les concerne, de la grille unifiée des fonctionnaires de l’Etat, des collectivités territoriales, des statuts autonomes et des militaires.

« S’ils ne nous donnent pas notre grille, nous allons l’arracher », avait lancé, à l’occasion, un policier à l’endroit du ministère des Finances, où le dossier de traitement égalitaire entre agents de même grade sommeille dans les tiroirs depuis un an. Le lendemain de la sortie des policiers, sur un ton moins menaçant, la Protection civile avait demandé l’application du décret sur la grille unifiée. Des plaintes entendues à Koulouba.

Selon le communiqué du Conseil des ministres, cette militarisation des deux corps est une recommandation des Assises nationales de la Refondation. Ainsi, la police et la protection civile seront déployées dans les « zones reconquises par l’Armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens, et empêcher le retour des forces du mal ».

Un policier du Groupement Mobile de Sécurité interrogé par Maliweb.net salue le projet de loi. « C’est la fin de la marginalisation de la police », indique-t-il. « Nos collègues sont déployés dans des zones d’insécurité et participent aux patrouilles mixtes, sans bénéficier des mêmes primes », dénonce-t-il.


Maliweb

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