dimanche 27 mai 2018 / Mali

EDM saDramane aura été un des directeurs qui a le plus bénéficié du feu vert du ministre de l’Energie et de l’Eau, Malick Alhousseyni pour mener son management à EDM SA. Ses actes contre les mauvais payeurs dans les secteurs publics et privés, du pouvoir public, lui ont valu un grand coup médiatique, au même moment son ministre de tutelle subissait toute sorte de pressions allant jusqu’à des menaces sur la vie. Malgré tout, l’EDM traversait une crise de trésorerie sans précédent qui ont eu raison du jeune Dramane Coulibaly.

Dans notre pays, nommer ou démettre un agent de ses fonctions suscitent toutes sortes de commentaires souvent même des injures contre son responsable de tutelle. A travers des sensibilités très souvent subjectives, on oublie que la tutelle aussi a des comptes à rendre sur sa gestion.

Le dernier cas concerne le désormais ex-directeur général de la société EDM-SA, Dramane Coulibaly, remplacé. « Je ne remets pas en cause les efforts fournis par le sieur en tant que commandant du navire EDM-SA, qu’il a dirigé pendant près de deux ans. D’autres, à son âge auraient fait moins. Mais, sans faire la morale, nous devons mettre la balle à terre et travailler sur l’essentiel. », dixit le ministre.  

L’essentiel dans le secteur de l’énergie est de trouver les voies et moyens pour satisfaire le besoin en énergie des Maliens. Il s’agit de produire, transporter et distribuer l’électricité dans les familles et surtout veiller assurer la permanence et à la continuité du service. Cela passe par un bon management, une bonne gouvernance et la mise en place de moyens pour suivre et satisfaire l’augmentation des besoins, elle-même tirée par la croissance démographique et l’urbanisation galopante de vos villes et villages.

L’esprit du Programme d’urgences sociales d’accès à l’énergie et à l’eau potable du Président de la République, initié en 2017, est de faciliter l’accès tant géographique que financier des populations à l’eau et à l’électricité. Ces orientations, traduites en actes par le Ministère de l’Energie et de l’Eau, ont priorisé- en ce qui concerne l’énergie- la dotation d’EDM-SA en moyens propres de production, le renforcement des capacités de la société pour l’extension du service à tous les chefs-lieux de cercle et les villes-frontières et l’élaborationd’un tableau de bord permettant la gestion des périodes de grande chaleur. D’autres initiatives portant sur la diversification des sources de production énergétiques en se basant sur le riche potentiel de notre pays sont entrain d’être développées. D’où l’accent qui est mis sur la promotion des énergies renouvelables à travers le solaire, l’éolien, l’hybridation, la biomasse, etc.    

Le tableau de bord élaboré par la société, sous la direction de Dramane Coulibaly, a clairement identifié ses engagements et ceux de l’Etat pour l’accompagner à répondre aux besoins des usagers, surtout pendant la période de pointe 2018 qui vient de commencer. Si l’Etat a, plus ou moins, rempli sa part d’engagement, celle que la société EDM SA elle-même s’est fixée sont restés sans suite.  Les prochains jours nous en édifieront.

Depuis plusieurs mois, la société vivait une trésorerie tendue et Dramane, qui s’était annoncé comme un homme de rigueur, ne savait plus comment en sortir. Il aurait pu démissionner sans qu’on en arrive-là.

Dramane aura été un des directeurs qui a le plus bénéficié du feu vert du ministre de l’Energie et de l’Eau, Malik Alhousseyni pour mener son management à EDM SA. Ses actes contre les mauvais payeurs dans les secteurs publics et privés, du pouvoir public, lui ont valu un grand coup médiatique. Au même moment, son ministre de tutelle subissait toutes sortes de pressions allant jusqu’à des menaces sur la vie.

Ce « coup de bluff » a détourné l’attention du citoyen à suivre de près les capacités réelles de gestion et la vision managériale du jeune directeur. Aujourd’hui, l’Etat doit à EDM SA moins d’une dizaine de milliards. Des actions urgentes sont en cours pour le recouvrement total des créances au niveau de toutes les structures étatiques grâce au soutien apporté à l’action dès le début par le Ministère de l’Economie et des Finances.            

Redorer son image…

Dans une société d’Etat comme EDM SA, il y a non seulement un travail technique, mais également un travail politique à faire. Il faut l’un dans l’autre pour harmoniser moyens politiques et moyens techniques de travail. A cet effet, on ne peut pas se permettre d’être versatile en entrainant toute une hiérarchie. D’ailleurs, le contexte de l’année 2018, marquée par des défis cruciaux ne s’y prête pas : l’organisation des élections présidentielle et législatives, la tenue de la coupe du monde 2018, le déficit hydrologique de l’année 2017-2018 ou encore le carême qui avance à grandes enjambées.

La gestion au sein de la société était devenue telle qu’elle n’arrivait plus à respecter ses propres engagements, même pas à lever des fonds auprès des banques nationales. Fallait-il prévenir cette situation de faillite annoncée ou laisser davantage se creuser le fossé entre les usagers, qui déjà ont du mal à supporter un service boiteux ?    

Renouveler sa confiance à lui dans pareille situation n’est-il pas une complicité contre les populations ? Fallait-il attendre longtemps pour ensuite jouer au pompier lorsque tout s’arrêtera ?Ou fallait-il prévenir les limites d’un management sans lendemain ?

Le départ de Dramane Coulibaly n’est pas, il ne faut pas avoir honte de le dire, le bout du tunnel pour la satisfaction des besoins en électricité. Il sera suivi d’un travail de fond permettant à la société de redorer son image au niveau des banques nationales auprès desquelles le directeur avait perdu toute confiance, de mettre en place une gestion transparente basée sur le partage de l’information et de permettre de gérer au moins au mieux la période de pointe en faisant recours à travers la diplomatie pour obtenir l’accompagnement des partenaires.

HKB

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