lundi 20 novembre 2017 / Mali

CAN2017Tous éliminés dès la phase de groupes de la CAN 2017 l’Algérie, la Côte d’Ivoire, tenante du titre, le Gabon, pays-hôte, et dans une moindre mesure le Mali ont déçu. Eléments d’explications.


- Algérie

Pourquoi ils ont déçu

Même si leur statut se retrouvait fragilisé depuis les deux contre-performances en éliminatoires du Mondial 2018, les Fennecs avaient rallié le Gabon avec l’un des meilleurs effectifs sur le papier, forts notamment du meilleur joueur africain de l’année consacré par la CAF, Riyad Mahrez. Même si leur groupe B était relevé (Sénégal, Tunisie et Zimbabwe), les voir sortir aussi tôt sans victoire au compteur n’était clairement pas au programme.

Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Depuis des mois, la Fédération algérienne navigue à vue comme en atteste le passage de trois sélectionneurs sur le banc en moins d’un an (Christian Gourcuff, Milovan Rajevac et Georges Leekens qui a démissionné suite à l’élimination). Les Fennecs ont avant tout payé cette instabilité tout comme les choix peu fructueux de Leekens de se passer des capitaines Carl Medjani et Sofiane Feghouli, fragilisant un groupe en manque de leader et d’agressivité.

A l’image du penalty concédé par Belkhiter contre le Zimbabwe et de la bourde de Ghoulam face à la Tunisie, les 8es de finalistes du dernier Mondial ont également multiplié les erreurs défensives, confirmant que ce secteur constitue leur gros point faible. Sans parvenir à mettre en place sa qualité de jeu habituelle, l’équipe a parfois donné l’impression d’être coupée en deux, les joueurs offensifs secondant peu les défenseurs. Difficile dans ces conditions d’aller plus loin.

- Côte d’Ivoire

Pourquoi ils ont déçu

Forcément, en tant que tenants du titre, les Eléphants étaient attendus. La qualification décrochée dans la douleur, les retraites des frères Kolo et Yaya Touré et de Copa Barry et le forfait de Gervinho avaient fait naître des doutes mais pas au point d’imaginer une sortie de route aussi précoce sans la moindre victoire. Surtout que les hommes de Michel Dussuyer avaient signé une belle préparation (2-1 contre la Suède puis 3-0 contre l’Ouganda).

Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Dans le cas des Ivoiriens, le mal semble très clairement d’ordre psychologique. La Selefanto a souvent eu le ballon mais il lui a manqué ce brin d’enthousiasme qui lui aurait permis d’enflammer les rencontres sans tomber dans une possession stérile. Après le sacre de 2015, les dents étaient sans doute moins longues et une forme de suffisance par moment n’a rien arrangé. En outre, Dussuyer a semblé hésiter dans ses choix, laissant progressivement sur le banc des éléments comme Kodjia et Seri, pourtant importants durant les qualifications.

- Gabon

Pourquoi ils ont déçu

En tant que pays-hôte et avec la présence de Pierre-Emerick Aubameyang, 11e du Ballon d’Or et qui marche sur l’eau depuis un an et demi, le Gabon était évidemment attendu. Pas forcément en finale mais il avait les moyens de sortir de ce groupe A abordable et qu’il a d’ailleurs quitté sans perdre après trois matchs nuls.

Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Là encore, les choix de la Fédération gabonaise, qui a intronisé José-Antonio Camacho seulement 43 jours avant la CAN, ont été peu opportuns, surtout que la préparation des Panthères a été chaotique avec des internationaux arrivés tard et un seul match amical contre le club local du CF Mounana (1-2) au programme. A la CAN, les cadres ont déçu, à commencer par Aubameyang, et malgré quelques belles séquences par moment, les Panthères ont semblé manquer d’implication. Le contexte économique, social et politique tendu a généré un désamour d’une partie du public qui n’a rien arrangé.

- Mali

Pourquoi ils ont déçu

Au vu de la composition du groupe D (Egypte, Ghana, Ouganda), il serait faux de dire qu’on attendait beaucoup du Mali mais une équipe qui a été deux fois demi-finalistes au cours des quatre dernières éditions nourrit forcément une certaine ambition. Surtout que les Aigles avaient agréablement surpris face à l’Egypte (0-0) pour leur entrée en lice.

Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Comme le Burkina Faso en 2015, les Maliens ont avant tout payé leur manque d’efficacité face au but. Au cours de leurs 3 rencontres, ils n’ont pas manqué de situations dangereuses et pourtant il a fallu attendre la 73e minute du dernier match et un coup-franc génial de Bissouma face à l’Ouganda (1-1), lorsque les carottes étaient déjà cuites, pour que le Mali marque enfin.

On peut aussi reprocher au sélectionneur Alain Giresse d’avoir trop tardé avant d’oser, notamment à confier les clés du jeu à Bissouma, qui aurait peut-être permis de décrocher un point face au Ghana (0-1) s’il avait été aligné d’entrée. Les blessures ont également frappé les Aigles qui ont dû faire sans Adama Traoré et Soumaila Diakité sur l’ensemble du tournoi, tandis que Bakary Sako a lui aussi déclaré forfait pour le dernier match.

SOURCE: AFRIKCOM

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