Le Conseil de sécurité de l’ONU en session d’urgence après les frappes contre l’Iran

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni en urgence pour discuter de la crise déclenchée par les frappes militaires massives menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Ces attaques, survenues en pleine journée, ont provoqué une onde de choc internationale et relancé les craintes d’une escalade incontrôlable dans une région déjà instable.
Dans une déclaration forte, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a fermement condamné ces frappes, ainsi que les représailles iraniennes qui ont suivi. Selon lui, ces actions violent « la souveraineté et l’intégrité territoriale » de plusieurs pays de la région, dont Bahreïn, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Guterres a mis en garde contre un « enchaînement d’événements aux conséquences imprévisibles », rappelant que le respect du droit international et du droit humanitaire est « une obligation, pas une option ».
« Il n’y a pas d’alternative crédible à la résolution pacifique des conflits », a-t-il insisté, soulignant que la paix durable ne peut être atteinte que par le dialogue et des négociations sincères. Ces frappes interviennent alors que des pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran, facilités par Oman, étaient en cours. Un nouveau cycle de discussions techniques était prévu la semaine prochaine à Vienne, suivi de négociations politiques. « C’est une occasion diplomatique gâchée, et c’est profondément regrettable », a déploré Guterres, appelant toutes les parties à « tout faire pour éviter une nouvelle escalade » et à revenir « sans délai » à la table des négociations, notamment sur la question du programme nucléaire iranien.
De son côté, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, a qualifié les frappes de « préméditées et non provoquées », dénonçant une « agression » qui a délibérément ciblé des zones civiles densément peuplées dans plusieurs grandes villes iraniennes, faisant des centaines de victimes. « Aucun prétexte, aucune accusation, aucune campagne de désinformation ne peut justifier ce crime », a-t-il martelé, estimant que ces attaques sapent « l’ordre juridique international » sur lequel repose l’ONU depuis plus de 80 ans.
La Chine, par la voix de son représentant permanent Fu Cong, a exprimé sa « vive préoccupation » face à cette escalade, rappelant que Pékin condamne fermement « le recours ou la menace de la force » dans les relations internationales. « La souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran et des autres pays de la région doivent être respectées », a-t-il affirmé.
Enfin, l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia a dénoncé une « agression armée délibérée » contre un État membre de l’ONU, en violation flagrante du droit international. Selon lui, cette opération militaire « irresponsable » a non seulement menacé la stabilité du Moyen-Orient, mais aussi « trahi les efforts diplomatiques » en cours.
ACTUMALI
