19 mars 2026
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Showbiz africain en deuil: le maestro Boncana Maïga conduit à sa dernière demeure

Showbiz africain en deuil: le maestro Boncana Maïga conduit à sa dernière demeure


Le samedi 28 février 2026 aura été une page définitivement tournée pour les mélomanes et fans de l’émission Stars Parade de la chaîne TV5 MONDE.

Et, pour cause, au lieu des habituels rendez-vous égayants sur leurs petits écrans, c’est l’annonce, depuis la clinique Pasteur de Bamako, du décès du maestro Boncana Maïga, le promoteur au parcours fulgurant de la culture africaine en général, qui se répandra comme une traînée de poudre sur la toile mondiale. Les obsèques de l’icône de la musique afro-cubaine ont été célébrées au quartier résidentiel Le Golfe, le week-end dernier, en présence d’une foule nombreuse de parents, amis, artistes, proches collaborateurs, fans, officiels et Représentants des missions diplomatiques et consulaires du Niger, du Cuba, de la Côte-d’Ivoire et de la Guinée-Conakry, pays avec lesquels il a gardé d’indéfectibles attaches artistique et matrimoniale.

Le dimanche 1er mars 2026, le peuple malien a rendu son dernier hommage à un de ses célèbres fils, le maestro de la musique afro-cubaine, Boncana Maïga, décédé, la veille, à la clinique Pasteur de Bamako, des suites de maladie. Dans cet après-midi dominicale, c’est tout un monde de proches venus de tous les horizons du Mali qui était réuni au quartier résidentiel Le Golfe pour dire à dieu à l’icône de la musique malienne.

Né en 1949, à Gao, décédé à l’age de 77 ans, Boncana Issa Tandagari Maïga est célèbre pour son apport au rayonnement de la musique malienne et de la culture africaine dans son ensemble.

C’est à très bas âge qu’il opta pour la carrière d’artiste musicien.

Ainsi, en 1958, au Niger, le petit Boncana s’est doté d’un petit orchestre qu’il nomma ‘‘Negro Band’’. Un projet avec lequel il retournera au pays natal en 1960.

Nouvellement indépendant, le Mali, sur instruction du Président Modibo Kéïta, lui a accordé une Bourse d’études pour le Cuba d’où il retournera de nouveau au pays natal en 1973.

«En 1967, tellement que j’avais la nostalgie de l’Afrique mais que j’ai assimilé mes leçons sur la musique cubaine, j’ai fondé l’orchestre Las Maravillas du Mali. Un groupe musical africain mais de tonalité et de rythme cubains», nous a-t-il expliqué en 1996, au Studio Zoom, à Ouolofobougou, chez El hadj Amadou Fané. En ces temps, Maestro était en visite de famille à Bamako et votre Serviteur était jeune Reporter au journal Les Échos.

Pour poursuivre sa carrière d’artiste musicien, Boncana Maïga s’est exilé volontairement en Côte-d’Ivoire. «Et c’est dans ce pays que j’ai eu des réelles opportunités de me faire connaître au plan international», nous a-t-il confié.

Dans les années 1980 et 1990, à partir de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI), Boncana a formé, encadré et accompagné beaucoup d’artistes africains en herbe dont des ivoiriens, maliens, guinéens et zaïrois (de l’époque).

À Abidjan, il dispensait des cours de musique à l’Institut national des arts et a été membre de la Direction du conservatoire ivoirien des arts et de la culture. Il fut également membre fondateur de l’orchestre de la RTI dont il a été le tout premier Directeur. Les muses olympiens l’avaient inspiré également à la composition de ‘‘Mariétou’’, son morceau fétiche et à la création du célèbre orchestre Africando.

C’est à partir 2005 que Boncana s’est définitivement installé au Mali où il formera un foyer sous lequel il sera couplé d’une artiste vedette également; en l’occurrence la Guinéenne Aïcha Kamaldine Conté affectueusement appelée par ses compatriotes guinéens Madada.

Côté professionnel, Boncana Maïga detient une grande maison de production audiovisuelle et de discographie, ‘‘Maestro-Sound Mali’’ plus une émission de télé-réalité, ‘‘Tounkagouna’’.

Père de quatre (4) enfants, toutes des filles, le regretté Maestro vient de ranger définitivement son historique flûte et descendre pour de bon de la scène de l’émission phare ‘‘Stars Parade’’ de la chaîne TV5 MONDE.

Lors des obsèques, les témoignages et déclarations funèbres étaient pleines d’émotions.

En substance, pour Ramata, la fille aînée du maestro avait dit: «Papa, ton héritage sera assuré et les vertus sociales que tu nous as appris resteront illuminées».

Sur le même ton profondément éploré, l’animateur culturel vedette, Adama Kouaté de l’ORTM, a livré un témoignage émouvant sur le maestro.

Par la voix de Mamadou Kouyaté, le Président de l’Association des artistes et musiciens guinéens au Mali, Fantamady Kouyaté Donsoba, a adressé un message de condoléances émues à la famille endeuillée.

Le Conseil des Guinéens Établis au Mali, les Ambassades de la Guinée, du Cuba, du Niger, du Burkina Faso, de la Côte-d’Ivoire y étaient tous représentés.

Au nom de la famille, l’ancien Ministre Hamidou Younoussi Maïga a rendu un hommage mérité au Baobab de la musique afro-cubaine déraciné, Boncana Maïga, et à son épouse, Mme Maïga Aïcha Kamaldine Conté Madada pour son rôle de brave compagne.

De son côté, le maestro Cheikh Tidjane Cheikh, promet que « l’héritage de Boncana restera vivant ».

Après la prière sur son corps à la mosquée du Golfe, cet autre illustre fils du Mali, de l’Afrique et de la culture universelle s’en est allé se reposer éternellement au cimetière de Faladié, en Commune VI du District de Bamako, en laissant derrière lui une brave veuve avec leurs quatre filles et des millions de fans inconsolables.

Dors en paix, le Baobab de la musique afro-cubaine. Amen !!!

Habib Diallo

Maliexpress.net