22 février 2024
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Accord d’Alger : La fin d’une lente agonie

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Accord d’Alger : La fin d’une lente agonie

Enfin la fin ? Requiem pour l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger ? L’Accord d’Alger mort de sa belle mort ? Les réponses à toutes ces questions sont affirmatives. Mieux elles sont péremptoires.

En effet, c’est sanglé dans son bel uniforme de colonel de la Gendarmerie que Abdoulaye Maïga, ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, a lu, au cours du journal de 20 heures de la chaine nationale de télévision, l’ORTM, l’acte de décès de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger. Avec le ton martial que requérait pour lui son annonce, il a répété à 3 reprises « le Gouvernement de la Transition constate l’inapplicabilité absolue de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, signé en 2015 et par conséquent, annonce sa fin, avec effet immédiat ». Comment et pourquoi en eston arrivé là ? L’Accord d’Alger, signé sous le président Ibrahim Boubacar Keita, était porteur de plusieurs « péchés originels » qui ne pouvaient lui prédire longue vie.

Le premier péché a consisté à mettre sur le même pied d’égalité, contrairement à toutes les règles et usages diplomatiques, l’Etat du Mali et une rébellion armée. Le deuxième péché a consisté à concéder à cette rébellion toutes ses demandes au motif que l’Etat du Mali était en position de faiblesse. Seuls des principes inaliénables comme le respect de l’intégrité du territoire malien ou la laïcité de l’Etat ont été préservés. D’ailleurs dans les faits, ils ont été vidés de leur contenu avec le cas de Kidal qui n’a rejoint la République que plus d’une décennie plus tard sous les coups de boutoirs des Forces Armées Maliennes (FAMa).

L’honnêteté oblige à reconnaitre que les mises en garde répétées de Mohamed Bazoum, à l’époque ministre des Affaires étrangères puis de la Sécurité du Niger, contre l’acceptation des clauses de l’Accord n’ont pas été entendues. Le troisième pêché et le plus grave est le fait qu’aussi bien le gouvernement de l’époque et l’Assemblée nationale du Mali n’ont été ni informés à plus forte raison impliqués dans les tractations d’Alger. Tout s’est tramé entre IBK et ses émissaires à Alger avec comme seules consignes de vagues lignes rouges à ne pas franchir. Le quatrième péché est la permissivité voire le laxisme avec lesquels l’Accord a été mis en œuvre par le gouvernement qui n’avaient comme outil de persuasion que les valises de billets de banque, les passe-droits et autres avantages accordés aux rebelles avec comme prime les suppliques pour aller à Kidal.

Last but no least, la médiation internationale n’a jamais eu la fermeté ou le doigté nécessaire pour faire de l’accord pour la paix un véritable accord de paix. Face donc à la reprise des hostilités entre l’armée malienne et les mouvements signataires désormais assimilés à des terroristes poursuivis par la justice malienne et aux graves accusations formulées contre principalement l’Algérie, chef de file de la médiation internationale, le gouvernement de la Transition a déclaré la caducité de l’Accord d’Alger avec effet immédiat.

Lire: Retrait de la Minusma du camp de Kidal : Le ministère des Affaires étrangères du Mali dénonce l’action unilatérale de la Minusma

Le gouvernement de la Transition reproche en effet au voisin algérien des velléités d’imposer un délai de Transition aux Autorités maliennes, de manière unilatérale, de tolérer l’existence sur le territoire algérien de bureaux de représentation de certains groupes signataires de l’Accord devenus aujourd’hui des « terroristes », d’avoir travaillé à maintenir le régime de sanctions des Nations Unies sur le Mali et enfin d’être la main cachée pour imposer un chapitre sur le Mali dans le document final du sommet du Mouvement des non-alignés à Kampala, en Ouganda, sans le consentement des Autorités maliennes.

Tant de reproches ne pouvaient rester sans suite et le gouvernement de Transition en a tiré toutes les conséquences. L’Algérie ne manquera sans doute pas de réagir. En rompant les relations diplomatiques avec le Mali après, pour beaucoup moins que cela, rappelé son ambassadeur pour consultation avant de le laisser revenir au Mali ? Wait and see. En attendant, le Royaume du Maroc, grand rival de l’Algérie, boit du petit lait.

MALIKILE

 

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