Journée Internationale de la Sécurité sanitaire des Aliments 2026 L’appel à l’action de Alou Barry, Ph.D en Sciences alimentaires
À l’occasion de la Journée Internationale de la Sécurité sanitaire des Aliments, célébrée le 7 juin 2026 sous le thème mondial « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs », le spécialiste en Sciences alimentaires, appelle à une prise de conscience collective et à un engagement renforcé de l’ensemble des acteurs concernés pour faire de la sécurité sanitaire des aliments une véritable priorité nationale.
Pour Dr Barry, cette journée constitue bien plus qu’une simple commémoration internationale. « La santé des populations commence par la qualité des aliments qu’elles consomment. Garantir des aliments sûrs n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour protéger la santé publique, soutenir l’économie et préserver l’avenir des générations futures », affirme-t-il. Cette édition 2026 met particulièrement l’accent sur la prévention des maladies d’origine alimentaire, l’importance des données scientifiques et les solutions permettant d’assurer à tous un accès équitable à des aliments sains et sûrs.
Un fardeau mondial encore trop lourd
Selon les estimations internationales, près de 600 millions de personnes contractent chaque année une maladie liée à la consommation d’aliments contaminés. Plus alarmant encore, environ 420 000 décès sont enregistrés chaque année dans le monde à cause de maladies d’origine alimentaire. Les enfants de moins de cinq ans figurent parmi les principales victimes, représentant à eux seuls près de 40 % du fardeau mondial, soit environ 125 000 décès par an.
Pour l’Expert, ces chiffres démontrent l’urgence d’agir. « Les maladies d’origine alimentaire restent souvent invisibles à l’œil nu, mais leurs conséquences sont dramatiques. Elles affectent les familles, fragilisent les systèmes de santé et freinent le développement économique des nations », souligne-t-il. Virus, bactéries, parasites, aflatoxines, résidus de pesticides, métaux lourds, additifs non conformes et résidus d’antibiotiques, ou substances chimiques peuvent contaminer les aliments ou l’eau et provoquer des maladies parfois graves. C’est pourquoi la sécurité sanitaire doit être garantie tout au long de la chaîne alimentaire, depuis la production jusqu’à la consommation.
Une responsabilité qui concerne toute la chaîne alimentaire
L’expert rappelle que la sécurité des aliments ne dépend pas uniquement des autorités de contrôle. « Les producteurs, les transformateurs, les transporteurs, les distributeurs, les détaillants, les restaurateurs et les consommateurs ont tous un rôle à jouer. À chaque étape de la chaîne alimentaire, un risque de contamination peut apparaître », explique-t-il. Selon lui, seule une approche globale impliquant l’ensemble des acteurs permettra de prévenir efficacement les risques sanitaires.
Les données scientifiques occupent également une place centrale dans cette lutte. « Comprendre l’ampleur, la répartition et la nature des risques alimentaires grâce à des données fiables permet de prendre les bonnes décisions et de mettre en œuvre des solutions efficaces », insiste-t-il. Pour les gouvernements, ces informations constituent la base de politiques publiques pertinentes. Pour les entreprises, elles permettent d’améliorer les pratiques de production et de transformation. Pour les consommateurs, elles favorisent des choix alimentaires plus sûrs et plus éclairés.
Le Mali face à des défis importants
Au Mali, la sécurité sanitaire des aliments demeure un enjeu majeur de santé publique, de protection des consommateurs et de développement économique. L’urbanisation rapide, l’intensification des échanges commerciaux et les effets du changement climatique rendent la maîtrise des risques alimentaires encore plus indispensable. Selon Dr Barry, plusieurs facteurs continuent de favoriser l’apparition de maladies d’origine alimentaire dans le pays.
Parmi eux figurent l’insuffisance des bonnes pratiques d’hygiène, la contamination microbiologique des aliments, l’utilisation non maîtrisée des pesticides et des produits vétérinaires, les mauvaises conditions de stockage, d’entreposage, de conservation, de transformation et de transport ainsi que la faiblesse des mécanismes de contrôle et de surveillance. « Nous devons reconnaître que les défis existent. Mais nous devons surtout comprendre qu’ils peuvent être surmontés grâce à une volonté politique forte, des investissements ciblés et une mobilisation de tous les acteurs », estime-t-il.
Un enjeu économique et commercial stratégique
Au-delà de son impact sur la santé publique, la sécurité sanitaire des aliments constitue également un levier essentiel de compétitivité économique. Les exigences des marchés régionaux et internationaux imposent aujourd’hui des normes de qualité de plus en plus strictes. « La qualité sanitaire des produits alimentaires est devenue un passeport indispensable pour accéder aux marchés internationaux. Renforcer notre système de contrôle sanitaire, c’est aussi renforcer la compétitivité de l’économie malienne », rappelle le spécialiste.
Des actions concrètes à mettre en œuvre
Pour améliorer durablement la situation, Dr Barry préconise plusieurs mesures prioritaires. Il appelle notamment à la mise en place de laboratoires d’analyse et de contrôle alimentaire capables de garantir des résultats fiables et reconnus à l’échelle internationale. Il recommande également le renforcement des capacités institutionnelles et techniques des services chargés du contrôle et de l’inspection des denrées alimentaires.
La formation des producteurs, des transformateurs et des commerçants aux bonnes pratiques d’hygiène apparaît également comme une nécessité. L’expert plaide par ailleurs pour une intensification des campagnes de sensibilisation des consommateurs ainsi que pour une meilleure application des normes nationales et internationales en matière de sécurité sanitaire des aliments.
Un plaidoyer pour le renforcement de l’ANSSA
Dans son appel, Dr Barry, accorde une attention particulière au rôle de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire des Aliments (ANSSA). « Le renforcement de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire des Aliments constitue aujourd’hui une nécessité stratégique. Une institution forte, dotée de moyens adéquats et soutenue par des laboratoires agréés, est indispensable pour protéger efficacement la population malienne », affirme-t-il. Selon lui, l’amélioration des capacités nationales de contrôle sanitaire représente un investissement direct dans la santé publique et dans le développement durable du pays.
« La sécurité sanitaire des aliments est l’affaire de tous »
À l’occasion de cette Journée Internationale de la Sécurité sanitaire des Aliments, Dr Barry lance enfin un appel à l’action adressé à tous les acteurs de la société. Aux gouvernements, il demande de garantir une alimentation sûre et nutritive pour tous. Aux agriculteurs et producteurs, il recommande l’adoption rigoureuse des bonnes pratiques de production. Aux opérateurs du secteur alimentaire, il rappelle leur obligation de mettre sur le marché des produits sans danger pour la santé. Aux consommateurs, il demande davantage de vigilance et de responsabilité dans leurs choix alimentaires.
« La sécurité sanitaire des aliments est l’affaire de tous. Aucun acteur ne peut agir seul. C’est en unissant nos efforts que nous pourrons garantir à chaque Malien l’accès à des aliments sûrs, de qualité et accessibles », conclut-il. Un message fort de l’expert Alou Barry, qui résonne comme un véritable appel national à la mobilisation pour faire de la sécurité sanitaire des aliments un pilier de la santé publique, du développement économique et du bien-être des populations !
