3 mars 2024
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Conférence de l’A.J.D.P. (Association des Jeunes pour la Démocratie et le Progrès) sur l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali : perspectives de solutions de sortie de crise

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1 ajdpL’Association des Jeunes pour la Démocratie et le Progrès (A.J.D.P.) a organisé une conférence – débat aujourd’hui samedi aux environs de 10h30 dans la salle de conférence de la Pyramide du Souvenir de Bamako près du monument des martyrs.

Le président de l’A.J.D.P., Monsieur Youssouf MAIGA a ouvert la séance par son allocution de bienvenue aux honorables invités, les membres de l’association avant de se tourner vers le conférencier Monsieur Ousmane SY.
M. MAIGA n’a pas tardé de présenter brièvement le thème de la conférence qui est : « l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger : perspectives de solutions de sortie de crise ».
Après avoir dégagé le contexte dans lequel s’inscrit la conférence, le président de ladite association M. Youssouf MAIGA a rappelé que la crise malienne a commencé depuis 2012 et qu’il faut dégager des pistes de solutions de sortir de crise.
Ensuite, il a dressé une brève biographie du conférencier, Monsieur Ousmane SY, ancien Ministre, l’un des négociateurs des accords d’Alger avant de quitter son costume d’homme d’Etat.
L’ex Ministre M. Ousmane SY le conférencier a commencé son exposé à 10 heures 55 minutes. Il a énoncé les axes de la crise en ajoutant qu’il faisait partie des négociateurs de l’accord. Il ajoute je cite:  » mon objectivité sur le sujet exclu la pertinence ».  
M. SY a réitéré que l’Accord de Paix est un élément à côté d’autres éléments de sortie de crise ». A cela, il va sortir des interrogations auxquelles, il a apporté des éclaircissements à savoir :
‘’Sommes-nous dans une crise persistante ?’’ L’ex-Ministre a remué les méninges sur les bouleversements depuis l’indépendance du Mali à travers coups d’Etats et rebellions.
Le conférencier, dans ses propos, a rajouté que la crise malienne est une combinaison de causes donc structurelle.
Selon lui, la cause immédiate de la crise actuelle vient de la destruction de l’institution le 22 Mars 2012 parlant de l‘effondrement de l’Administration et de l’armée.
A cet effet, l’Ex-Ministre réitère que le Mali est un pays de convivialité et de grandes cultures car tous ses peuples existaient avant les indépendances. Ce qui l’amène à exhorter sur la mesure de l’ampleur des profondeurs de la crise qui a entraîné la perte du contrôle de certaines localités du pays.
Reconnaissant que la crise ne condamne pas un pays à vie en citant la division de l’Allemagne en deux blocs et qui s’est réunifiée puis le génocide rwandais qui n’a pourtant pas empêché ce pays de reprendre son décollage.
Ainsi, Monsieur Ousmane SY propose deux étapes de sortie de crise :
– La transition pour la réorganisation des élections
– Reconstruire le Mali après la mise en place de nouvelles institutions.
Il redessine trois priorités dont – la libération des parties occupées par les hommes armées – la négociation avec les rebelles – l’organisation des élections.
 Après l’Accord de Ouagadougou sous l’égide de l’Ex-président du Faso, les élections furent acquises.
La seconde négociation aux réparations ou la négociation entre maliens issue des Accords d’Alger ayant priorisé l’intégrité territoriale, la reconstruction des forces armées maliennes, la laïcité du Mali.       
 Monsieur SY a étayé le rôle joué par la société civile dans les démarches de la négociation notamment celle de Gao, Tombouctou et d’autres régions.
Il n’a pas manqué de faire part de ses impressions personnelles qui se résument entre autres par l’engagement mutuel pour des raisons fondées ou pas car tous, on est des maliens et le document paraphé a été plus technique que politique.
L’Ex-Ministre lance donc un appel à faire du Mali un pays stable et prospère en se servant de sa diversité culturelle et la mise en place des stratégies de gestion des régions car tout se concentre à Bamako, cause de l’exode rurale.
Cependant, il faut répondre à quatre défis, a-t-il ajouté. Ces défis à relever soumettent donc des interrogations telles que :
1-    Comment conjuguer l’unité et la diversité ? A ceci, sa réponse se porte sur la révolte qui sévit partout au Mali même à Bamako car elle s’exprime par l’informel dans tous les domaines.
2-    Comment améliorer la représentativité de toutes les couches sociales dans l’institution ? La solution est de gagner le combat de liberté et celui des valeurs perdues, selon M. SY, car la démocratie est réduite aux élections mécaniques et non sur des valeurs donnant sens à la démocratie. Il va ajouter, dans ses propos d’interroger notre modèle démocratique.
3-    Avons-nous des ressources humaines ? Parlant ici de décentralisation l’Ex-Ministre exhorte à oser à responsabiliser les territoires du Mali car le pays est riche en ressources; il faut promouvoir l’emploi qui est la base de l’exode rural car 55% des fonctionnaires se concentrent à Bamako et engager des dépenses publiques sur le territoire.
4-    Comment accéder la population aux services publiques ? Ayant touché le taux bas de croissance, l’Ex-Ministre pointe du doigt le partage inéquitable des ressources et prône la création de la richesse à travers le secteur privé. En ces termes, il propose :
–    De refonder le modèle d’Etat
–    Revisiter le modèle démocratique
–    Revisiter le modèle économique (jusqu’à nos jours basé sur le schéma colonial)
–    Revisiter le modèle social
C’est ainsi qu’il a demandé à l’auditoire de savoir où sont passées nos valeurs de fierté de descendants de Soundiata Keita, de Samory Touré…
La suspension ne s’arrêtera pas si on ne travaille pas dur pour sortir le Mali de la crise car le Mali peut sortir de la crise, a-t-il rajouté en conclusion.

Après une heure presque d’exposé de l’Ex-Ministre, Monsieur Youssouf MAIGA, le président de l’Association A.J.D.P.  a réitéré qu’il faut instaurer la culture du dialogue, de chercher des solutions ou exploiter des pistes de solutions, avoir la culture de partage pour acquérir d’expérience. Pour enfin clôturer la séance, il a cité : ‘’toute vie est une vie’’ formule des chasseurs, tribut malien, fin de citation.
La séance fut clôturée aux environs de 13 heures et demi par le président de l’A.J.D.P. Monsieur MAIGA qui a prévu un autre débat pour le 26 Mars 2017 sur le thème : « La réforme constitutionnelle ».

Chrislenoble

Source: Raildainfo.com

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