3 mars 2024
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Koulouba: Boubeye, l’espion qui veut diviser les religieux pour neutraliser IBK

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boubeye ibkLe mandat d’IBK est hypothéqué par l’amateurisme de son entourage. Depuis l’arrivée de SBM comme cerveau du palais présidentiel et au fur et à mesure qu’on s’approche de 2018, les choses se compliquent pour le chef de l’Etat, en dépit de sa bonne foi.

La stratégie de l’ancien patron du renseignement malien est toute simple : allumer le feu, l’activer et jouer au pompier. Le stratège et l’espion Boubeye se veut le Al-Sissi malien.

L’adn d’un manipulateur né
Donc ne soyez pas surpris de voir dans les journaux que le président IBK a financé le maouloud d’un tel ou tel leader religieux à coup de milliards, que le Cherif de Niono a refusé un véhicule offert par Karim Kéita, ou bien qu’IBK a donné une 4×4 à l’imam Dicko avant de la lui retirer ou pire encore IBK a offert 50 V8 aux imams du Mali Dicko.
De même, d’aucuns voient dans la grève des magistrats et des médecins de même que les informations sur la supposée mort du chef de l’Etat à Paris. La stratégie de SBM est d’éloigner le président IBK des leaders religieux et le détruire pour son propre intérêt.
Un ancien espion est comme une puce suspecte utilisée.  On la détruit ou on se sépare d’elle.  Sinon cohabiter avec un ex espion ressemble à un suicide collectif. Surtout un espion qui en intelligence avec les forces étrangères d’occupation et qui a des ambitions programmées.
Soumeylou Boubèye Maiga, le « Renard de Koulouba », pour atteindre ses objectifs, a sacrifié sur l’autel de ses intérêts personnels, plus d’un homme politique. Il est l’un des ardents artisans de la chute des présidents maliens ces deux dernières décennies. Ancien journaliste de l’Essor, formé au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de Dakar, Soumeylou Boubèye Maiga utilise les médias pour manipuler l’opinion, dans le seul but de se rapprocher du cercle concentrique des hommes au pouvoir.

Moussa Traoré, sa première victime
Le « Gémeaux de Koulouba », Soumeylou Boubèye Maiga, est l’homme qui a donné l’alerte au monde sur les événements qui ont précipité la chute de Moussa Traoré en mars 1991. Dans un pays en ébullition, c’est bien lui et ses complices, qui ont fabriqué des faux blessés recouverts de mercurochrome, pour les présenter aux médias internationaux comme étant des victimes des hommes de Moussa Traoré. La suite, on la connait. Moussa Traoré aux arrêts, son forfait accompli, il en aura la récompense en intégrant le cabinet d’Amadou Toumani Touré, en se mettant au service des nouveaux maitres de Bamako, en cette fin du XXe siècle. Il y voit une aubaine pour tisser un large réseau d’amis composés d’hommes et de femmes qui lui resteront fidèles pendant longtemps. Celui qui fut le conseiller spécial d’ATT, est un intellectuel doté d’un « esprit, constamment en action, qui pousse à analyser, à concevoir et à décortiquer ce qui l’entoure. Il n’aime pas les questions sans réponses et cherche toujours des solutions à tout. » Sa proximité avec le président ATT le met au parfum de tous les dossiers sensibles du régime. Pour ATT, Soumeylou Boubèye Maiga est un pion sur qui il faut compter et qu’il faut bien utiliser, mais plus tard, la situation va s’inverser, faisant du premier le manipulé au détriment du second. C’est bien lui encore qui, après avoir conseillé à ATT de dissimiler les preuves du massacre d’Aguelhok en janvier 2012, lui en fera porter le chapeau. Une fois de plus, sa ruse a fonctionné, ATT est tombé dans le piège.
En 1992, il devient chef de cabinet du président de la République Alpha Oumar Konaré. L’ascension est couronnée en janvier 1993, par sa nomination au poste de directeur général de la Direction générale de la sécurité d’Etat (DGSE). Il devient l’homme providentiel qui aurait sauvé Alpha Oumar Konaré de plusieurs coups d’Etat. Le président de la République lui renouvelle ainsi sa plus grande confiance. Il en profitera pour collecter des informations au sujet de tous les dossiers sensibles du pays, y compris la rébellion. Dès lors, Soumeylou Boubèye Maiga, un civil, est l’homme le mieux informé du pays. Il utilisera certaines de ces informations pour prétendre avoir déjoué de faux coups d’Etat et faux complots militaires, dont il se servira comme arguments pour gravir des échelons. Il entre dans le gouvernement en tant que ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Il n’en faudra pas plus à l’homme pour rêver occuper le fauteuil présidentiel.
 
Dioncounda, le rescapé
S’il y a bien un homme politique qui a su se tirer des griffes du ‘’Tigre’’, c’est l’ex-président de la transition, Dioncounda Traoré. Connaissant bien ses capacités de nuisance, il a refusé catégoriquement de travailler avec Soumeylou Boubèye Maiga. En effet, lorsqu’il il a voulu manipuler les chefs religieux en proposant un business à trois au sommet de l’Etat, en proposant à Dioncounda de nommer le général Sanogo 1er vice-président de la transition et l’imam Mahmoud Dicko 2ème vice-président, le président de la transition n’est pas passé par quatre chemins pour refuser un tel plan machiavélique. Les relations entre les deux hommes ne s’étaient pas pour autant détériorées. Mis à l’écart, fragilisé par l’échec de son plan, il cherche à cacher sa sensibilité en prenant ses distances avec les nouveaux maitres de Koulouba. Certes, il avait perdu une bataille, mais la guerre était loin d’être terminée.
L’élection du président Ibrahim Boubacar Keita lui offrira à nouveau les armes d’atteindre ses ambitions, en manipulant et en faisant chanter des autorités, et pas des moindres. Capable de s’adapter aux situations, du moins en surface car très rancunier, Soumeylou Boubèye Maiga a su changer de comportement pour obtenir un poste de haut niveau, très stratégique dans un Mali en guerre. Il voulait le poste de Premier ministre, mais a essuyé un refus catégorique de la part du chérif de Nioro, un intime ami influent du président IBK. Soumeylou Boubèye Maiga, par ses manouvres dont il semble avoir seul le secret, ne baisse pas les bras. Il obtient de la junte de Kati, un soutien qui pèsera de toutes ses forces pour plaider sa cause auprès du chérif. Ce dernier finit par céder en plaidant la cause de Boubèye auprès d’IBK, qui n’a fait que respecter la volonté du chérif. Par cet acte, sans le savoir, le nouveau régime venait de ressusciter un usurpateur qui travaille en coulisses contre ses propres chefs.
Moussa Mara l’apprendra au prix de la douleur de l’échec qu’a suscité sa visite à Kidal en mai 2014. Dans l’ombre, l’homme le mieux renseigné de la République, sous les ordres de la France, tirait les ficelles qui allaient déclencher la chute de son patron, le chef du gouvernement. Boubèye savait très bien ce qui se préparait à Kidal. Le piège était tendu, Moussa Mara ne pouvait pas l’éviter car il avait en face un renard très futé. Mara et son ministre de la Défense comptaient bien se rendre au nord pour instaurer, ne serait-ce que symboliquement, l’autorité de l’Etat. Ils se rendront d’abord à Tombouctou et puis Boubèye, prétextant d’un souci de santé, refuse de poursuivre la mission à Kidal, fait demi-tour et abandonne le Premier ministre qui s’engouffrait, têtu, dans le danger, à mesure que l’avion qui l’y conduisait se rapprochait de Kidal. Mara encaisse le coup, le président IBK ayant compris le piège, fait limoger le ministre de la Défense et des Anciens combattants.
Boubèye, grâce à ses réseaux mafieux, avec la complicité de la France, refait son retour dans la plus haute sphère du pouvoir d’Etat. Son ami, Jean Yves le Drian, avec la bénédiction de la France, l’imposent à IBK comme Secrétaire général de la Présidence. C’est lui, l’espion français dans le gouvernement malien. Dès lors, ses relations avec le Premier ministre, Modibo Keita ne pouvaient qu’être tendues. N’est-ce pas lui qui promet de désamorcer la bombe magistrale en renouant le dialogue avec les magistrats qui ont entamé une grève illimitée depuis le 9 janvier, paralysant le
pays ?  

Un semeur de zizanies tout azimut
Après avoir induit ATT et Sanogo en erreurs par des conseils-pièges et la manipulation de masses à travers les médias dont il a l’art, Boubèye s’en prend désormais au chef de l’Etat en personne. Il manœuvre en coulisses pour fragiliser les soutiens religieux du chef de l’Etat en créant la zizanie entre Mahmoud Dicko, le chef de Nioro et les fidèles musulmans. Sa stratégie est toujours la même mais aux effets redoutables. Grâce à ses réseaux de journalistes, il distille, au compte-gouttes, des rumeurs dans les journaux pour cogner la tête des autorités les unes contre les autres. Au bout du compte, il espère récolter les retombées de sa stratégie. Un conseiller nuisible dont IBK devrait se débarrasser pour assurer sa réélection en 2018.

K. Eloi

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