19 mai 2024
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BIENNALE ARTISTIQUE ET CULTURELLE A MOPTI: Les murs de la peur brisés par la culture !

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Biennale2023 Mopti

Biennale2023 MoptiLes activités de la Biennale Artistique et Culturelle, édition 2023 ont été lancées le jeudi 6 juillet 2023, au Stade Barema Bocoum de Mopti par le Premier ministre, chef du Gouvernement, Dr Choguel K. Maiga, au nom du président de la transition. L’objectif de cette biennale est de faire de la culture le levier de l’unité nationale, de la paix, de la cohésion sociale du vivre ensemble et du développement socio-économique et culturel du Mali. Durant dix jours, soit du 6 au 16 juillet, l’ensemble des troupes venues des 19 régions et du District de Bamako seront mises en compétions à travers chants, danses, pièces de théâtres sous l’œil vigilant d’un jury de neuf membres. Cette cérémonie d’ouverture a enregistré la présence du ministre de la Culture Andogoly Guindo, du Gouverneur de la région de Mopti, Colonel Abbas Dembélé, du Ministre de la Sécurité et de la Protection civile, du ministre de la Culture du Burkina Faso,  Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO, de l’Ambassadeur du Qatar au Mali et de plusieurs hautes personnalités. Cette rencontre regroupe plusieurs milliers de personne.    

 

Le  grand rendez-vous de la culture malienne marque son retour à Mopti.  Après treize années d’hibernation, la Biennale Artistique et Culturelle reprend ses quartiers à Soudou Baba dans la Venise malienne. La présente édition est placée sous le thème : « Le Mali, une Histoire commune, une seule Nation, un même Destin ».

Cette Biennale, Mopti 2023, s’ouvre dans un contexte particulièrement difficile pour notre pays, au regard de la situation sécuritaire et humanitaire.

Réunir la communauté culturelle dans toute sa diversité pour célébrer la biennale dans ce contexte, revient à magnifier les idéaux et les valeurs qui permettent de renouer avec l’histoire de notre pays et notre héritage commun, indivisible dans son essence, tant il est vrai que la culture est l’âme vivifiante d’un peuple.

Dans un tel contexte, organiser un évènement d’une telle ampleur est un challenge, une victoire sur ces différentes crises. Un pari très risqué, mais grâce à la clairvoyance et au leadership du ministre de la Culture, Andogoly Guindo tous les défis ont été révélés. D’où la satisfaction des plus hautes autorités du pays.  

« Cela ne surprend guère, car au Mali, nous avons toujours cette force, celle de résister, capacité de résilience qui tire en partie sa sève dans nos valeurs du Maya et du Danbé. » a déclaré le Premier ministre Choguel K. Maiga dans son discours.

En poursuivant, il ajoutera « Je remercie les troupes artistiques venues des 19 Régions et du District de Bamako, avec à leur tête les Gouverneurs de Région et tous les participants pour l’honneur fait au Mali malgré le contexte sécuritaire du moment, pour leur courage et leur foi en la capacité de la culture de briser les murs de la peur et de semer l’amour dans les cœurs et les esprits. »

 Le choix de la région de Mopti pour abriter la présente édition est un choix de raison. Pendant 10 jours, Mopti restera la capitale artistique et culturelle du Mali, l’hôte du Mali. Avec la mobilisation populaire autour des différentes  troupes venues de toutes les régions du Mali, soit plus de 90 personnes par troupes pour participer aux compétitions.

La Biennale artistique et culturelle, ce n’est pas seulement la culture comme on voudrait l’entendre. Elle n’est pas que la compétition entre les régions, elle n’est pas que la fête de la culture malienne. Mais la Biennale c’est à la fois tout cela.

Pourquoi la Biennale ?

Dès son accession à l’indépendance, le Mali a compris l’urgence et la nécessité de réaffirmer son identité culturelle longtemps ternie par la nuit coloniale et de faire découvrir aux jeunes générations la richesse et la diversité de son patrimoine culturel. À l’image de nombreux États-nations africains nouvellement indépendants, le Mali s’est tourné vers ses ressources culturelles pour construire son identité nationale.

« Cet événement est la chose de tous les fils et filles du Mali et personne ne doit ou ne peut être laissé sur le bord de la route dans son organisation et dans sa mise en œuvre. » a laissé entendre Dr Choguel.

Donc le retour de la Biennale est une réponse à une demande forte du peuple malien, une forte recommandation des Assises nationales de la Refondation.

La Biennale Artistique et Culturelle est une œuvre nationale, un appel au sursaut patriotique, un espace de communion, de solidarité et une résistance culturelle et un refus clair de l’obscurantisme.

La Biennale Artistique et Culturelle, c’est dix jours de tissage de liens, de brassages des idées et de rencontres des esprits.

La Biennale est l’affaire de la nation toute entière. Elle apparaît comme un cadre privilégié d’éducation de la jeunesse, de manifestation de la solidarité et un moyen de consolider l’unité nationale.

D’un point de vue pédagogique, la biennale est comme une école de formation artistique puisque beaucoup d’artistes maliens reconnus internationalement en sont des révélations de la Biennale: Abdoulaye DIABATE, Ali Farka Touré, Oumou Sangaré, Nahawa Doumbia, Djenéba SECK, Diallou Damba, Haïra Harby etc.

« Nous devons en particulier développer constamment chez nos jeunes l’amour de la famille, l’amour de la patrie, le respect du bien public, l’attachement à nos valeurs, à notre culture, une formation civique. Dans ce processus permanent d’éducation de la jeunesse, la biennale constitue un moment privilégié permettant de prendre la mesure de la mobilisation, de l’engagement et de la maturité politique de la jeunesse, la mystique de l’unité : unité nationale à consolider, unité du continent à bâtir. » a-t-il expliqué à l’ensemble des participants.

Quelle région va détrôner Sikasso ?

Quant au ministre Andogoly Guindo, il dira que cette Biennale se tient à un moment où notre nation tant éprouvée, connaît des épisodes funestes marqués par des atrocités dignes d’une autre époque, perpétrées sur nos populations, ainsi que sur nos hommes engagés pour la défense de la Patrie.

Selon le ministre Guindo, la culture est un facteur d’unité, de cohésion et d’identité nationales. Elle est libératrice du peuple de toutes les forces d’aliénation et d’oppression. C’est une arme de combat, un instrument pour adapter le monde à nos besoins et à nos aspirations ou accomplir une nécessaire adaptation de notre être au monde.

Profitant de cette tribune, il a témoigné sa reconnaissance et celle de la nation au  Gouverneur de la Région, au Maire de la Commune urbaine de Mopti et à l’ensemble des autorités administratives et coutumières pour leur implication  pour le succès de la présente édition de la Biennale.

« Populations de Mopti Soudou Baba et de la région, je vous témoigne ma profonde gratitude pour l’hospitalité légendaire accordée aux festivaliers, pour la forte mobilisation de ce soir, mais aussi autour des activités de cette édition de la Biennale Artistique et Culturelle. » a-t-il adressé aux populations.

Tour à tour le représentant du Réseau des communicateurs traditionnels (RECOTRADE), M. Camara,  le chef de village de Mopti, le doyen Baba Touré et le Maire de la commune urbaine de Mopti M. Issa Kansaye ont tous salué l’initiative de la tenue de la biennale  à Mopti.

Les temps forts de cette cérémonie d’ouverture a été le défilé et prestations des troupes des 19 régions plus le District de Bamako devant les officiels : ainsi, Ségou a défilé avec Komofôli, Nioro du Sahel avec Djondon, Nara avec Assamou raguina, Mopti avec Dégaal, Taoudeni avec Watche, Kayes avec Dansa, Gao avec Takamba, Bougouni avec Didadi, San avec Tendoro, Badiangara avec la danse des masques, Bamako avec Mandjiéni, Kidal Asamara, Kita avec Djelifoli, Koulikoro avec Kaladjan foli, Koutiala avec Nionkon, Douentza avec la danse des peulhs, Tombouctou Ménaka ont tous défilé. La cérémonie a été agrémentée avec la mélodieuse prestation de l’Ensemble instrumental du Mali et la belle et émouvante chorégraphie du maestro Karim Togola rendant un vibrant hommage à nos forces de défenses et de sécurités. Pendant que les gens étaient au stade l’armée de l’air faisait des parades au ciel avec des MIG.

C’est sur cette note que le Premier ministre Choguel K Maiga au nom du Président de la Transition, Chef de l’Etat, a lancé les activités marquant la Biennale Artistique et Culturelle, édition 2023. Pendant dix  jours, des filles et des fils nourris à la même mamelle, s’engagent à briser les barrières de la couleur, de la division, de l’ethnie, de l’obscurantisme et revendiquant le même héritage ancestral, un destin commun magnifieront leur mère Patrie. Ils ont des valeurs communes qui transforment les spécificités en complémentarités, donc en richesses.

A noter que les 20 troupes vont compétir durant les 10 jours dans cette discipline à savoir : la pièce de théâtre, l’orchestre moderne, l’ensemble instrumental traditionnel, la danse traditionnelle, le chœur, le solo de chant et le ballet à thème. Les trois premiers remporteront les prix.   

Quelle région va détrôner Sikasso et partir avec la couronne cette année ? La  réponse le 16 juillet à la clôture.  

Aliou Badara Diarra, envoyé spécial

 

 

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