19 juin 2024
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CMDT : les raisons de la chute de la production cotonnière au Mali et dans la sous région

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 Contrairement à certaines informations distillées, la baisse de la production cotonnière, cette année dans les zones CMDT n’à rien avoir avec le problème d’engrais. Elle s’explique essentiellement par les attaques parasitaires qu’ont subies les cotonniers de l’Afrique de l’ouest avec une baisse de chiffre dans tous les pays et aussi les caprices de la météo avec des inondations qui ont entrainé la perte de plus 150 mille hectares au Mali. Pour cette campagne, la production serait autour de 526 000 tonnes sur un objectif de production de 780 000 tonnes. C’est ce qui affirme le PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé en marge de la 97ème session du conseil d’administration de la Holding CMDT, tenue le 1er février 2023 à l’hôtel Laico Amitié de Bamako.

Au Mali comme dans la plus part des pays de la sous région la production cotonnière a drastiquement chuté cette année.
Alors que les cotonculteurs maliens tablaient sur une récolte de 780 000 tonnes de coton graine pour la campagne 2022-2023, La moisson aura été bien plus maigre avec une prévision de 526 mille tonnes. Le Mali premier producteur africain de coton en 2022 pourra garder toujours sa place mais avec une chute de production de plus de 200 000 tonnes.
Jasside le ravageur du coton…
Cette contre-performance du secteur cotonnier malien, est en grande partie liée à des caprices de la météo car cette année, la pluviométrie a été très abondante, chose qui n’arrange pas la culture et le développement du coton.Mais aussi, l’invention d’une nouvelle espèce parasitaire appelée Jasside qui a détruit les cultures. Le Jasside est un ravageur piqueur- suceur du cotonnier, ses attaques sont persistantes sur tout le cycle du coton et il est très résistant au traitement insecticides. C’est une espèce de maladie parasitaire méconnue par les producteurs maliens et ceux de la sous régions. Son apparition cette année a détruit des milliers d’hectares de coton et a beaucoup impacté sur la production.
C’est pourquoi le PDG de la CMDT dira : « Effectivement la campagne a été élaborée dans un contexte très très difficile. Ce n’est pas seulement le Mali, c’est l’ensemble des pays de l’Afrique de l’ouest qui sont frappés par l’invention d’une nouvelle espèce de jasside. Une espèce que nous ne connaissons pas. Tous les traitements traditionnels que nous connaissons n’ont pas eu d’effets. Sur cet insecte, au Mali, au Burkina, au Togo, en Cote d’Ivoire, au Sénégal et au Benin. Donc les conséquences, c’est une baisse vertigineuse de la production dans tous ces pays. Principalement lié à l’abandon des superficies très infestées. Les superficies qui n’ont pas été abandonnées, ça affecté le rendement. Donc nous avions une prévision de 526 000 tonnes sur un objectif de production qui frôlait les 780 000 tonnes. Les chiffres définitifs seront communiqués à la fin de l’égrainage. A la date d’aujourd’hui, nous avons égrainé plus 360 000 tonnes. Donc des que ces opérations auront terminé, les chiffres exacts seront officiellement communiqués. » a fait savoir le PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé.
Avant d’indiquer que : « Moi personnellement, je me méfie des prévisions surtout quand nous avons en face de nous une agriculture soumise aux aléas climatiques. Il faut toujours être prudent. Souvent les gens ne savent pas que les prévisions peuvent varier à la hausse comme à la baisse. L’exemple typique, la campagne record qu’on a eu la saison passée. Les estimations préliminaires nous donnaient 720 000 tonnes sur lesquelles, on a travaillé pour mobiliser les crédits de campagne. Mais des que l’égrainage a commencé, il fallait travailler pour demander encore des fonds pour pouvoir acheter. Finalement on est arrivé 778 000 tonnes. C’est pourquoi, je reste prudent par rapport aux chiffres concernant la production. Ce qui est certain, ce qu’au niveau du Mali, du Burkina, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Togo les chiffres sont fortement à la baisse dans tous les pays. Je crois que le Mali, ne sera pas épargnée. » a-t-il prévenu.
Plus de 150 000 hectares inondés…
L’autre aspect, qui a affecté de façon négative la production du Mali, c’est les inondations, les paysans ont perdu plus de 35 000 hectares à cause des inondations. Qui dit forte pluie, dit l’emblavement de parcelles et l’incapacité des paysans de pouvoir faire face à ça l’un dans l’autre les producteurs ont perdu plus de 150 000 hectares de leur surface cultivable. Cela conjugué à la forte baisse de rendement lié à la forte pluviométrie et l’attaque de jasside.

Plus de 530 milliards de budget en 2023…
« Ce qui explique aujourd’hui, pourquoi nous avons fait un budget de 549 milliards F CFA en dépenses contre 372 milliards en 2022 soit une hausse de 47% et 534 milliards F CFA de recettes contre 376 milliards en 2022, soit une hausse 42%. Ce qui laisse un déficit prévisionnel de 15 milliards F CFA. C’est exactement, le même budget à mon arrivé à la CMDT en 2020 (boycott des producteurs). Mais au finish, on est sorti avec 5 milliards F CFA de bénéfice net. Cette fois-ci également, j’espère que ca sera le cas, on a largement discuté avec les administrateurs les possibilités de combler ce déficit. Un plan d’austérité a été mis en place pour absorber le déficit. Nous sortons très optimiste par rapport à ça. » a-t-il conclu. D’ores et déjà toutes les dispositions nécessaires sont prises au niveau de la Holding CMDT-Sa pour palier aux éventuelles conséquences de cette crise cotonnière qui secoue les pays ouest africains.

Aliou Badara Diarra

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